Nous avons déjà vu des effets analogues: cf. Cav. 407 sq
7. J'ai divisé en strophes, d'après le retour régulier d'un nom propre à la même place. Chaque strophe est composée de deux parties égales. Aussi Arnoldt partageait-il chaque strophe entre le coryphée et le chœur. L'hypothèse est séduisante, mais elle force à admettre une lacune après le vers 43o. En outre, nous avons déjà vu ailleurs (cf. Ach. 836 sqq.) des énumérations satiriques du même genre qui ne s'expliquaient bien que réparties entre les deux demi-chœurs. Il doit en être de même ici.
[44 I-Es GRENOUILLES
thène, à Callias. A peine l'un a-t-il fini que l'autre repart vivement sur un autre nom. Mais, au troisième nom, les choreutes n'achèvent pas la strophe, car Dionysos se montre, les interrompt, et, sur le rythme même de leur chanson, leur demande où demeure Hadès. Et tous les choreutes en riant de lui répondre : « Mais vous êtes à sa porte ! » Sur quoi Dionysos, toujours fredonnant le rythme qui l'obsède, donne ordre à Xanthias de reprendre ses paquets. Et Xanthias les recharge sur ses épaules, en maugréant lui-même sur le rythme joyeux qui s'est imposé aux acteurs comme aux choreutes.
Le hiérophante (44o sqq.) s'adressant alors au chœur l'invite à s'ébattre dans le bois sacré de la déesse. De son côté, le dadouque1 (/|/|/i sq.) se retire avec les danseuses. Les choreutes restés seuls dans l'orchestra s'y promènent en chantant les mystères auxquels ils doivent la béatitude et la lumière (7|/j8 sqq.).
A la parodos succède un groupe de deux scènes parallèles. Dionysos frappe à la porte de Pluton. Le portier qui le prend pour Héraklès l'accueille par une bordée d'injures2, si bien que Dionysos, saisi de frayeur, demande à Xanthias de porter à sa place la peau de lion et la massue. Xanthias a déjà consenti, quand sort une servante de Perséphone qui convie le faux Héraklès au festin. Xanthias s'apprête à la suivre. Dionysos l'arrête. 11 tient à reprendre son premier rôle, puisqu'il s'agit de banqueter, et, triomphant, au milieu des choreutes qui le flattent non sans quelque ironie, il se campe dans une attitude arrogante accoudé sur sa massue 8.
i. Cf. 447> T^'yyo; Upôv oiaojv. — Le rôle est tenu probablement par un soliste qui ne fait pas partie duebœur, puisqu'il se retirée ce moment. La vérité, c'est que la distribution des diverses parties de cette parodos est très incertaine. Elle était déjà le sujet de grandes discussions dans l'antiquité. Nous trouvons la trace de ces débats de grammairiens dans de nombreuses scholies à ce passage. Cf. en particulier Scb. 354 et 372.
a. Tout ce passage renferme plusieurs parodies du Thésée (comme l'indiquent à plusieurs reprises les scliolies), ou plutôt du liirilltoos d'Euripide, comme l'a admis Wilamowilz (Analecta Euripidea, p. 172).
3. Les vers 534-548 sont divisés en deux moitiés rigoureusement égales, ebacune dans la bouebe d'un seul interlocuteur (de même dans l'ensemble correspondant 5go-Co4). Cbacune de ces moitiés est composée de trois systèmes troebaïques de 3 éléments et d'un système de 2 éléments.
Mais la massue lui échappe bientôt des mains. Une aubergiste a reconnu le glouton qui jadis lui déroba et dévora seize pains ! Furieuse, elle appelle d'autres commères qui ont gardé mémoire des méfaits d'Héraklès aux enfers, et les voilà toutes à la recherche d'un homme qui se charge de traîner le voleur en justice. Une seconde fois, Dionysos supplie Xanthias de le remplacer dans le rôle dangereux d'Héraklès. Et c'est à Xanthias maintenant que s'adressent les conseils des choreutes, tandis que celui-ci, campé à son tour au milieu de l'orchestra, accoudé sur sa massue comme l'était tout à l'heure son maître, leur répond avec une fierté résignée qu'il saura jouer la bravoure.
Une scène en trimètres clôt cette première partie de la pièce. Le serviteur de Pluton sort de la maison, accompagné d'autres esclaves. Il fait saisir et lier Xanthias. Mais Xanthias jure qu'il n'est jamais venu aux enfers, et, pour le prouver, il consent à ce qu'on mette son esclave à la torture. Cette fois, c'est Dionysos qui proteste et qui, de lui-même, révèle son nom. L'embarras est grand pour le serviteur de Pluton, car Xanthias aussi se proclame immortel. Pour savoir lequel des deux est vraiment un dieu, il les frappe tour à tour. Tous deux retiennent leurs cris, mais prodiguent au public des grimaces de douleur. Enfin on décide de les mener à Pluton qui saura bien reconnaître un dieu, son frère.