‹ Essai sur la composition des comédies d'AristophaneChapitre 118 sur 142 · Cf. 689 et · texte numérisé non relu

Cf. 689 et

l4G LES GRENOUILLES

7 1 7-737. 'Avre-i'ppYjjju. Qu'Athènes revienne aux gens de bien : pourquoi toujours choisir ses chefs dans la populace ? Alors même qu'elle tomberait, si elle tombe par les conseils de ses plus nobles citoyens, elle tombera du moins avec honneur.

D'après un témoignage autorisé1, cette parabase eut un tel succès qu'elle entraîna une reprise de la pièce. Elle est d'une modération voulue, mais sous laquelle on sent deux sentiments très profonds : un solide mépris pour les chefs de la démagogie et un découragement clairvoyant qui ne se dissimule pas la chute inévitable d'Athènes. Le succès qui lui fut fait prouve qu'elle répondait dans la masse du peuple à une lassitude générale, à un réel besoin d'apaisement 2.

Après la parabase commence une pièce nouvelle. Une conversation de Xanthias et du serviteur de Pluton nous en apprend le sujet. Euripide conteste à Eschyle la souveraineté poétique. Pluton a remis à Dionysos, qui, présidant les concours dramatiques d'Athènes, doit être un connaisseur, le soin de décider entre eux (738-813, trimètres iambiques). — Un chant du chœur3 imagine ce que sera la lutte entre les deux rivaux et dépeint par avance aux spectateurs la franche colère d'Eschyle et les sournoises attaques d'Euripide. Et voici les deux poètes qui entrent dans l'orchestra.

Ils entrent en se disputant. La voix aiguë d'Euripide déclare qu'il ne cédera pas. Dionysos cherche à arrêter son provocant bavardage. Eschyle, muet et s'efforçant de se contenir, grince des dents. Si la scène précédente était une sorte d'exposition à la pièce nouvelle qui commence, cette scène correspond à son tour à la dernière scène du prologue ordinaire, celle qui engage l'action. Les conditions du combat y sont en effet réglées. Avant d'ouvrir la lutte, les

1. De Dicéarque, philosophe péripaléticien. Cf. Argument III.

1. Au même concours, Platon obtenait le troisième rang avec une comédie intitulée Cléophon, dirigée contro le belliqueux démagogue.

3. Quatre strophes égales. Chaque strophe est composée de deux hexamètres dactjliques, d'une pentapodie dactylique acatalecte et d'un dimètre trochaïque cataleclique servant de clausule.

deux rivaux offrent un sacrifice à leurs dieux *. Et l'aryen commence :

( 895-904. 'Q'.ot\, strophe trochaïque2.

) 905-906. KaraxsXs'j'jp.o;, 2 tétramètres iambiques.

) 9°7~97°- 'E~'-p?^[Aa, 63 tétramètres iambiques.

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