Parodos
Elle tient tout entière dans une scène en tétramètres iambiques (253-289) suivie d'un ensemble lyrique (290-361). Les voisins de Chrémyle, à l'appel de Carion, accourent par la parodos de droite. Ils se pressent autour de l'esclave qui peu à peu leur apprend tous les détails de la joyeuse nouvelle. La joie des vieillards se traduit par des danses que dirige Carion lui-même :
[ 290-295. A. Carion'2.
\ 296-301. A'. Le chœur.
3o2-3o8. B. Carion3.
309 3i5. B'. Le chœur.
3i6-32i. r. Carion1.
Carion parodie un passage célèbre du Cyclope de Philoxène, où l'on voyait Polyphème fredonnant un air de flûte et chantant en l'honneur de Galatée tout en conduisant ses troupeaux au pâturage. Carion joue le cyclope, les choreutes sont ses brebis. Mais bientôt (3o2 sqq.) la parodie se change en satire, ce ne sont plus des brebis que représentent les choreutes, mais des pourceaux et leurs gestes et leurs chants, évoquant les pires débauches, rappellent Laïs, la Circé de Corinthe. Enfin, Carion se retire (3 16 sqq.) en invitant le chœur à se livrer à d'autres danses 8, et le chœur en effet commence un de ces ballets qui doivent servir d'intermèdes à la pièce et que nos manuscrits indiquent simplement par le mot XOPOï\
1. Nouveau dans un prologue, non pas dans une comédie. Cf. p. i36.
2. Strophe iambique : trois tétramètres, deux dimètres, un tétramètre.
3. Strophe iambique: deux tétramètres, un dimètre, un tétramètre, un dimètre, un trimètre, un dimètre catalectique.
4- Un tétramètre, quatre dimètres, un tétramètre. Les mètres de tout cet ensemble me semblent indiquer comme mode de débit la -apa/.axa?.oyrj plutôt que le chant. 5. Cf. 3x7, &{**t» **' *^' s^°? 'ps'rcdte.
Ghrémyle sort de chez lui. Il demande au chœur de l'aider dans ses desseins. Les choreutes le lui promettent avec une ardeur empressée. A ce moment arrive en toute hâte un ami de Chrémyle, Blepsidème. Il sait que Chrémyle est devenu riche, mais il ignore par quel moyen. Il ne doute pas un instant que ce moyen ne soit le vol ou l'abus de confiance. Il interroge donc son ami avec une bienveillance indulgente et protectrice et il lui faut beaucoup de temps et dos preuves irréfutables pour admettre la vérité : la présence du dieu luimême au foyer de Chrémyle. Mais alors il approuve sans réserve le projet de Chrémyle. Il aidera même Chrémyle à conduire le dieu au temple d'Asklépios. — La scène est charmante et tout à fait nouvelle, d'un comique discret, aisé et fin, dont nous n'avons encore rencontré qu'un exemple ' et qui fait pressentir la comédie de Ménandre. Mais elle est purement épisodique et sans lien avec l'action.
Ici se place l'àytov. Il est précédé d'une scène en trimètres (4i5- 486) qu'on peut rapprocher du système anapestique qui, dans les Nuées2, ouvrait le débat du juste et de l'injuste. Elle a les mêmes raisons d'être : Pauvreté est un personnage nouveau qu'il faut introduire dans l'orchestra, présenter aux acteurs aussi bien qu'au public, avant qu'une discussion puisse s'engager entre elle et le champion de Plutus. Au moment même où les personnages, pleins d'enthousiasme, se disposent à aller chercher Plutus, une femme se dresse devant eux en vêtements noirs, pieds nus, cheveux épars. Son nom produit plus d'effroi que sa vue. Mais elle ne s'émeut pas des menaces des hommes, elle s'offre à prouver que c'est elle et non Plutus qui est la cause de tous les biens. Le défi est jeté 3 : l'àywv commence :
C 487-488. KaTaxsXeuafid?, 2 tétramelres anapestiques. < 489-597. 'E7r;'ppT)(xa, 109 tétrametres anapestiques. ' 598 G18. Ilvi-foç, système anapestique (21 éléments).
L'absence d'orôrj ne s'explique pas par des raisons scéniques. On ne