‹ Essai sur la composition des comédies d'AristophaneChapitre 132 sur 142 · Cf. Xuêes, 889 sqq · texte numérisé non relu

Cf. Xuêes, 889 sqq

3 Cf. Plutus, 407 sqq.

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peut que la rapprocher de l'absence de tout yopiwt chanté dans le Plutus. Evidemment le chœur comique ne sait plus chanter. Il n'y a dans tout le Plutus que la fin de la parodos qui soit écrite en mètres autres que les trimètres ' et encore peut-on facilement supposer que des solistes seuls y élèvent la voix ou que le chœur à l'unisson y emploie la rcapaxa- TaXoyiî- Sans doute, les chœurs comiques sont à cette époque hâtivetivement formés, peu payés, et on ne leur confie pas des parties lyriques d'une exécution difficile. — Le xoraxeXeu arjwç s'adresse àChrémyle et à Blepsidème. Et c'est en effet Chrémyle qui prend le premier la parole pour défendre la cause de Plutus. Pauvreté parlera ensuite. L'àywy est donc très nettement divisé en deux parties, mais cette division n'est marquée ni par un changement de mètre ni par un âvtaa- TanisXti»ff{wç- Le goût de ces formes symétriques et un peu raides commence évidemment à se perdre, même dans ce cadre déjà factice et conventionnel de l'àywv. Un certain effort vers le naturel transforme l'ancien àywv double en une discussion dont le mouvement général présente au moins quelque vraisemblance. La réponse nette et tranchante de Pauvreté: « Ce n'est pas à la vie des pauvres, c'est à celle des mendiants que tu t'en es pris », introduit son plaidoyer d'une façon plus simple qu'une invitation solennelle du coryphée. — Il en est de même pour la conclusion. C'est au moment où Pauvreté va triompher, où elle a déjà commencé le tcvÏyoç, que Chrémyle cherche à étouffer sa voix en criant plus fort qu'elle. Il lui ferme la bouche avec des injures et des menaces, et Blepsidème venant à la rescousse salue la fuite de l'ennemie par une grossièreté joyeuse.

Rien n'arrête plus les amis de Plutus. Carion entre chez Chrémyle. Il en ressort conduisant Plutus par la main. En même temps il porte sur son épaule des couvertures pour la veillée sainte. Tous les personnages sortent par la droite.

Ici, le chœur danse.

Carion accourt par la droite. Tout joyeux, il appelle la femme de

i. Il faut excepter trois vers dochmiaques (637, 63o,-64o).

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son maître et il lui conte comment Asklépios a guéri Plutus. C'est un long récit habilement coupé par les réflexions de la femme de Chrémyle et qui ne ressemble en rien aux récits que nous avons rencontrés, à peu près au même moment de l'action, dans les Cavaliers, dans les Guêpes, dans les Oiseaux. Il est très développé, traité pour lui-même, comme une scène indépendante ; c'est un morceau à effet dont les détails peuvent être spirituels et piquants, mais qui ne présente pas d'intérêt pour la marche générale de la comédie. Ici, le chœur danse.

Plutus revient, suivi d'une foule enthousiaste. Il salue le soleil, il salue la terre de Pallas qui l'a reçu et il accepte de s'asseoir au foyer de Chrémyle. La scène est brève et d'intérêt nul.

Ici, le chœur danse.

Les conséquences de la guérison de Plutus, voilà le thème de la dernière partie de la pièce. Il est développé dans deux groupes de scènes parallèles. Le premier groupe est composé de deux longues scènes :

Carion ouvre le défilé des heureux. Il vient dans un court récit nous conter son bonheur. Puis un juste, dont les vertus sont enfin récompensées, vient en témoigner à Plutus sa joie naïve et reconnaissante. En revanche, un sycophante vient se plaindre au dieu qui lui a ravi son gagne-pain. On le raille, on le bat : c'est un type de scène classique dans la comédie grecque.

Ici, le chœur danse.

Une vieille femme, abandonnée maintenant du beau jeune homme qu'elle aimait à ses frais, vient faire ses doléances à Plutus. Le jeune homme est devenu riche à son tour, il se moque d'elle. Il apparaît lui-même à moitié ivre, et publiquement repousse en les raillant les avances de la vieille.

Ici, le chœur danse.

Après ce premier groupe de deux scènes d'étendue à peu près égale

et qui ont les hommes pour acteurs, un second groupe de deux scènes plus rapides nous montrent les dieux eux-mêmes ébranlés dans leur puissance par la guérison de Plutus. C'est d'abord Hermès qui, puisqu'on meurt de faim maintenant dans l'Olympe, vient mendier un emploi domestique chez Ghrémyle (1097-1170). Enfin, c'est Zeus lui-même qui voit abandonner ses autels et son prêtre demander une place à la table d'un mortel, car celle du dieu est vide (11 71-1207). — Tous les personnages s'organisent alors joyeusement en un cortège triomphal en l'honneur de Plutus : deux tétramètres anapestiques du coryphée accompagnent la sortie du chœur et des acteurs (1208- 1209).

La composition du Plutus peut se résumer ainsi :

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