LA STRUCTURE TYPIQUE DE LA COMEDIE ANCIENNE I
et par le mètre et par leur place immuable dans la composition générale delà pièce. Mais il n'en est pas de même des scènes qui suivent. Elles se présentent sous des formes si variées qu'il semble difficile au premier abord d'y voir des développements d'un thème unique. Telle est cependant la vérité. Tout chœur comique est un chœur agissant et militant ; toute comédie grecque est plus ou moins un combat ; la scène essentielle de toute pièce d'Aristophane est un xywt. C'est ce que M. Zielinski a fort bien vu ; mais comme il avait réservé ce nom d'àywv aux seuls combats dialectiques, il prêtait par là même le flanc à des objections contre lesquelles il était désarmé. M. Weil par exemple lui fit observer qu'un débat aussi régulièrement et logiquement mené que celui des Guêpes ou des Grenouilles devait être au contraire un apport tout nouveau de la sophistique, un reflet des discussions subtiles des maîtres de l'éloquence juridique ou de la rhétorique, et non une vieille tradition du grossier xwjjicç dont est sortie la comédie. M. Weil avait certainement raison, mais M. Zielinski n'avait pas tort. La vérité, c'est que ce cadre de Vfr(W n'est nullement réservé à des discussions, mais qu'il accompagne aussi des combats véritables, des batailles, des àywveç, au sens concret du mot. Il arrive même que les deux formes se succèdent l'une à l'autre. Ainsi dans les Oiseaux. Le chœur entonne un chant de guerre pour s'élancer contre Pisétaire et Evelpide. Le coryphée donne l'ordre de marche, le y.rcaxe- Xsuqxo? : Allons, ne tardons pas, àXXà [///) [^iXÀw^ev, etc., et le combat s'engage. Les deux hommes repoussent les Oiseaux et campent sur leurs positions. Tandis que leurs ennemis reculent, ils entonnent un TTvTyc; héroïque, triomphant. Et presque aussitôt après, le chœur ayant renoncé à la lutte violente, un âywv de même forme commence, avec <j>5V], y.aTaxeXsuu^dç, ttippr^x et irnyo; ; mais la lutte est cette fois purement dialectique : la bataille est devenu le débat.
De ces deux formes de l'àywv, la première est la plus ancienne. L'àytôv n'était primitivement que le cadre d'une scène de combat. La structure s'en explique par là même sans peine : un chant du chœur, sorte de péan guerrier (toârç) ; un ordre de marche du coryphée (y.xzxy.Û\Zjg]j.6ç) ; la bataille (hizipp-fj^x) ; enfin le chant de triomphe du vainqueur haletant et exultant qui mène sa dernière charge (TuvTyo;). Ce cadre fut de bonne heure dédoublé, de façon à donner successivement