LA STRUCTURE TYPIQUE DE LA COMEDIE A>"CIE»E I
eût revêtu son costume. Mais quel intérêt peut offrir un chœur non costumé ? On conçoit l'exhibition du chœur des Oiseaux, par exemple, dans leur costume d'oiseaux, au commencement de la comédie, comme une sorte d'annonce piquante de la pièce : dans nos foires les acteurs assistent ainsi à la parade costumés. Mais que peut importer au public vingt-quatre figures d'Athéniens dans leurs vêtements quotidiens? D'autre part, placer la parabase à la fin de la comédie, comme le fait M. Zielinski, est d'une invraisemblance encore plus choquante. Peuton admettre qu'une comédie grecque se soit jamais terminée par un discours, alors que toutes les comédies que nous possédons ont au contraire une conclusion bruyante, assez semblable à un y.w[xoç? Il faut donc admettre que la parabase a toujours été où elle est, et c'est le seul point qui nous intéresse pour notre étude de la composition comique.
La seconde partie d'une comédie grecque présente infiniment moins d'intérêt que la première. Elle est faite d'une succession de tableaux, encadrés entre des chants du chœur ou ^cp'.Ai. Le groupement de ces diverses scènes (presque toujours en trimètres iambiques) et des %opv/.i qui les entourent peut prendre diverses formes. Le procédé le plus fréquent chez Aristophane est celui des scènes parallèles : le poète juxtapose deux scènes de thème et de mouvement identiques, la seconde renchérissant un peu sur la première : ainsi, dans les Acharniens, les scènes du Mégarien et du Béotien. Dicéopolis a ouvert son marché sur l'agora : un Mégarien vient lui vendre ses filles sous forme de petites truies ; un sycophante survient et dénonce la marchandise de contrebande ; on le chasse à coups de bâton. Quelques instants après, un Béotien vient vendre son gibier à Dicéopolis : un sycophante survient et veut saisir ce gibier comme marchandise de contrebande. Cette fois on le saisit, on l'emballe dans de la paille, comme une poterie fragile, et le Béotien le charge sur le dos de son esclave. A part ce dénouement plus nouveau et plus plaisant que le premier, les deux scènes sont identiques.
Quant aux chants du chœur qui séparent ces diverses scènes, ce sont vraiment des j-aT'.jxa comiques, c'est-à-dire des chants qui marquent un arrêt dans l'action. Dans la première partie de la pièce le