‹ Essai sur la composition des comédies d'AristophaneChapitre 18 sur 142 · Pour le sens du mot Çyva'jXiac, cf. Suidas, s · texte numérisé non relu

Pour le sens du mot Çyva'jXiac, cf. Suidas, s

\ Il tant évidemment distribuer les vers entre les acteurs, de façon à laisser à Nicias les mots qui révèlent le a-XXov.y.KÔvra. On peut lire par exemple avec Bergk pour les vers i3 et suiv.j NIKIA2. T:'« owv Y^ott' à'v; AHMOS0ENHS. A=T< oj. XIKIAS. S'J uiv oJv u.01 À=Yc|?va ijltj uiveouat.

Démosthène se fera reconnaître par une allusion à l'affaire de Pylos (v. 54 sq.).

A ce premier dialogue succède un récit (40-72). Démosthène se tourne vers le public et s'adressant directement aux spectateurs leur expose le sujet de la pièce. C'est là le véritable prologue, celui que nous retrouverons, plus ou moins déformé, dans la plupart des pièces d'Aristophane. Il semble être un souvenir des premiers temps de la comédie, où l'acteur devait annoncer aux spectateurs le titre et le sujet de la pièce qu'il allait jouer, comme le font encore aujourd'hui nos forains. En même temps, il rappelle le prologue tragique et plus particulièrement le prologue d'Euripide, dont il a l'allure aisée, la diction à la fois brillante et simple.

Ce récit-prologue terminé, un nouveau dialogue s'engage entre Démosthène et Nicias (78-145). Démosthène, qui est l'homme d'invention et de décision, envoie son compagnon chercher du vin : le vin lui ouvrira l'esprit. Après le vin il lui faut les oracles du Paphlagonien. Par deux fois le même jeu de scène se renouvelle, divisant en deux parties à peu près égales cette scène d'exposition ' : Nicias entre timidement dans la maison de Démos et en sort le visage anxieux, Iremblant de tous ses membres, portant d'abord une amphore pleine, ensuite l'oracle cher à Cléon, celui dont il ne se sépare jamais. Démosthène lit le précieux document : Cléon doit être renversé par un marchand de saucisses. Il ne s'agit donc que d'en trouver un. Et voilà Démosthène accompagné de Nicias qui se met à faire le tour de l'orchestra en cherchant anxieusement de tous les côtés-.

Alors, par la parodosde gauche, montant ' de l'agora, le charcutier apparaît portant son éventaire et ses saucisses. Les deux esclaves l'appellent à grands cris, courent à sa rencontre, le débarrassent de son fardeau. Puis, tandis que Nicias, toujours craintif, rentre dans la maison de Démos pour surveiller le Paphlagonien, Démosthène révèle à Agoracrite le sublime destin que lui réservent les dieux. Cette scène termine le prologue. Elle marque, comme la scène correspondante des

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