‹ Essai sur la composition des comédies d'AristophaneChapitre 39 sur 142 · Péons. Cf. R. et W., p · texte numérisé non relu

Péons. Cf. R. et W., p

7. Elles sont aussi d'étendue à peu près égale: l'une comprend 45, la seconde 44 trimètres.

LES NUÉES 6l

1303-1320. Xopixôv1.

Le chœur fait prévoir aux spectateurs que Strepsiade se repentira bientôt de ce qui, pour l'instant, lui cause tant de joie.

Strepsiade, en effet, sort en criant de sa maison, en appelant ses voisins à son secours. Phidippide vient derrière lui, souriant et tranquille : la sérénité d'une bonne conscience logique est sur son visage, et, comme Strepsiade s'indigne, il lui offre poliment une lutte dialectique. Cette courte scène en trimètres sert ainsi d'introduction à l'àywv qui suit :

( i345-i35o. 'QiSr), strophe iambique2. \ i35ii3Ô2. Ka-ay.sXsj3[xo;, 2 tétramètres iambiques. \ 1 353-1 385. 'Empp7]àu.a, 3a tétramètres iambiques. I i386-i390. nvïvo;, système iambique (5 éléments).

I 1391-1396. 'Avtwot]'.

\ 1397-1398. 'AvTty.aTazsXsu!î(i.o;, 2 tétramètres iambiques.

Îi 399-1 445. 'AvT£^îppT)[xa, 46 tétramètres iambiques.

i446-i45i. 'AvTi^vïyo;, système iambique (7 éléments).

Cet àywv n'offre point d'autres particularités que celles-ci : il est double et nettement partagé entre les deux interlocuteurs, Strepsiade d'abord, Phidippide ensuite ; mais les deux épirrhèmes sont écrits dans le même mètre, le tétramètre iambique. C'est évidemment que le tétramètre anapestique ne pouvait convenir à aucun des deux adversaires : Strepsiade est trop vif, Phidippide trop subtil pour se servir du rythme toujours assez large des anapestes. En outre, l'àvxi- TPtXyoç n'appartient pas à Phidippide, comme il eût semblé naturel. C'est peut-être que Phidippide ne s'échauffe pas assez pour qu'il soit naturel de lui prêter un morceau brillant et emporté ; ou plutôt c'est que le poète tient à laisser le dernier mot à Strepsiade, puisque c'est lui qui va, dans un instant, prendre sa revanche et rester seul vain-

1. ïambes (mais i3o4 est un prosodiaque logaédique; les deux vers correspondants i3o8 et i3ig semblent altérés).

2. La strophe commence par deux trimètres suivis chacun d'un prosodiaque. Mais le dernier vers de la strophe est altéré dans I'wSt] comme dans l'âvxtoSif. Ces corruptions de vers qui se correspondent sont très fréquentes dans les Nuées (cf. p. 56, n. 5). Je ne veux pas en tirer de conclusion pour l'instant.

queur. Sa violente et brusque apostrophe qui interrompt le discours de son fils laisse prévoir au public les résolutions énergiques dont est capable sa colère.

La fin de la pièce tient tout entière dans une scène en trimètres. Strepsiade se tourne vers les Nuées et les accuse d'avoir fait son malheur. Le chœur lui révèle alors le motif de sa conduite : il a voulu lui donner une leçon. Strepsiade reconnaît sa folie et, tandis que son fils le raille encore en rentrant chez lui (i475), il monte1 sur le toit de la maison de Socrate et met le feu à cette école d'injustice et de mensonge. — Un tétramètre anapestique du Coryphée (i5io) termine la pièce. Le choeur se retire lentement et en silence2.

Les Nuées sont donc ainsi composées

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