Je suis la numération de Bergk
2. Il y a en effet dans le texte des vers qui précèdent ce passage (884 s(iq) UQe incertitude qui trahit un remaniement.
3. Platon, Apologie, 18 B et 19 B. — ÎS laber (Mnemosyne, i883) a été du moins conséquent avec lui-même: il a déclaré les deux passages de Platon interpolés.
qu'Aristophane a toujours voulu attaquer avant tout en Socrate le corrupteur de la jeunesse? Il faut donc renoncer absolument à des théories de ce genre, si l'on veut démêler dans le texte de nos manuscrits deux versions différentes des Nuées.
Restent les témoignages. Malheureusement ils sont loin d'être décisifs. Et d'abord ils sont contradictoires : l'Argument V nous affirme que les Nuées furent représentées une seconde fois, l'Argument VI que la pièce n'eut pas de reprise. On peut cependant ici décider d'une façon assez vraisemblable entre les deux textes. Le premier renferme une erreur évidente, car il assigne pour date à la représentation des secondes Nuées l'archontat d'Amynias, c'est-à-dire l'année 422, alors que la parabase, faisant allusion aux Marikas d'Eupolis, ne peut être antérieure à l\2i. On est donc porté à prêter plutôt créance à l'auteur de l'Argument VI. Malheureusement cet argument lui-même est double, et les deux parties qui le composent se contredisent l'une l'autre. L'une dit : « Ce texte est identique à celui des premières Nuées : une partie seulement (la parabase) a été refaite pour une reprise qui, d'ailleurs, n'eut pas lieu. » L'autre dit : « Non (j^àv ouv), ce texte est une refonte entière des premières Nuées: il n'est presque aucune scène qui n'ait subi de retouches, etc..» Des deux grammairiens (car on ne peut prêter au même auteur deux affirmations aussi différentes), lequel dit vrai? Le premier est le même qui nous avait paru le mieux renseigné sur la question de la reprise des Nuées : son témoignage offre donc des garanties. Il a en outre le ton1 de quelqu'un qui a le droit d'affirmer, qui sait. Le second nous donne, d'autre part, sur les scènes modifiées des renseignements précis qui ne semblent pas être de pures conjectures. On est donc en droit d'être embarrassé. Le plus prudent serait peut-être de concilier ainsi les deux textes. Le premier grammairien a voulu nous avertir que notre texte était dans son ensemble identique à celui des Nuées telles qu'elles furent jouées en 423, à l'exception des anapestes de la parabase qui furent remplacés par le morceau en eupolidéens que nous y lisons maintenant. Mais il n'a pas tenu compte de quelques retouches de détail qu'il considérait comme insignifiantes et sur lesquelles le second grammairien,