‹ Essai sur la composition des comédies d'AristophaneChapitre 42 sur 142 · M. van Leeuwen croit y reconnaître la manière de Didyme · texte numérisé non relu

M. van Leeuwen croit y reconnaître la manière de Didyme

LES MÉES 65

philologue soucieux de minutieuse exactitude, a voulu attirer l'attention du lecteur.

Quoi qu'il en soit, si les témoignages seuls ne suffisent pas à résoudre la question qui nous préoccupe, l'analyse du texte lui-même semble du moins s'accorder assez bien avec l'hypothèse qu'ils nous ont suggérée. Il est certain que le texte traditionnel porte la trace d'altérations assez profondes qui peuvent avoir leur origine dans des raccords mal compris : certains manques de correspondance dans les parties lyriques ' peuvent plus particulièrement faire croire à des retouches. Mais, ce qui n'en reste pas moins très difficile à concevoir, c'est un remaniement d'ensemble de notre comédie. La pièce sans doute a ses défauts, puisqu'elle s'arrête brusquement pour recommencer sur un plan à peu près identique ; mais cette dualité était dans le fond même du sujet tel qu'Aristophane l'avait conçu. Nous avons montré comment, même dans les scènes dont la structure semble exceptionnelle au premier abord, tout peut se justifier et s'expliquer soit par une simple analyse des jeux de scène probables soit par des analogies irréfutables. La seule observation vraiment nouvelle que nous permettent les Nuées, quant à la composition générale de la comédie ancienne, c'est que le cadre de l'iywv cesse d'être réservé à partir de ce jour à la scène centrale où est exposée la thèse. Il n'est plus qu'un cadre commode, qu'on peut retrouver plusieurs fois dans la même comédie, à des places très différentes. Le véritable ày&w des Nuées, c'est celui des vers 358 et suivants. Le second (889 sqq.) n'est qu'un gr(m épisodique, puisqu'aucun des acteurs principaux n'y prend part. Le troisième enfin (i3^5 sqq.) se trouve rangé parmi les scènes qui, d'après les règles ordinaires, servent à peindre non pas l'entreprise en train de s'achever, mais les résultats de cette entreprise achevée. En tout cas, la triple répétition dans la même comédie de ce cadre un peu sévère de l'drfwv nous donne bien le ton de la pièce entière, et il ne faut trop s'étonner si ce ton un peu froid et raisonneur n'a plu qu'à demi à des spectateurs d'Athènes accoutumés à des comédies plus scéniques et plus variées.

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