‹ Essai sur la composition des comédies d'AristophaneChapitre 61 sur 142 · Prologue · texte numérisé non relu

Prologue

Devant la maison de Trygée, un esclave, penché sur un cuveau d'ordures, est occupé à pétrir une étrange pâtée dont l'odeur le force à détourner la tête avec dégoût. Soudain, un autre esclave sort en courant de la maison et réclame un pain pour M. Scarabée. On le lui donne : il rentre et ressort aussitôt pour en réclamer un autre. Trois fois de suite le même jeu de scène se renouvelle. Enfin, pour simplifier les choses, le second esclave emporte le cuveau lui-même. C'est là la parade courte et piquante que nous avons déjà vue au commencement de toutes les pièces d'Aristophane. Elle est complétée ici par une description de l'escarbot dévorant sa pâtée : l'esclave penche la tête par une ouverture donnant sur l'écurie de ce bizarre coursier et fait au public le portrait de l'immonde animal. Puis, suivant un procédé qui nous est déjà presque aussi familier que les précédents 3, il interroge les spectateurs : ont-ils deviné le sens de l'énigme ? Il feint d'entendre des réponses inexactes, les rejette ; enfin il expose lui-même le

i. Représentée aux Grandes Dionysies de l'année 4a i. Aristophane n'eut que le second rang: Eupolis était classé premier avec ses KdXaxs;.

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