LES ARPENTEURS ROMAINS
et remarquables; les traités qu'il ont écrits sur ces matières nous ont été conservés dans un recueil intitulé : Rei agrariœ auctores ^ Ce recueil nous montre le soin qu'on apportait dans les opérations du partage. Le nombre d'arpents dont se composait chaque lot variait suivant la nature du terrain et la fertilité du sol, suivant la dignité et les états de service du concessionnaire ^. On trouve mentionné tantôt le chiffre de deux arpents, bina Jugera^ ou deux cents arpents pour une centurie (compagnie de cent hommes), tantôt celui de sept, de dix, de vingt, de quarante arpents* Un lot de terre parfois était donné à plusieurs en commun ^ ; c'est ainsi qu'en Algérie on attribue un certain nombre d'hectares de terrain aux communautés arabes. L'arpent, unité de surface, Juçerum, mesurait vingt-cinq ares environ ek correspondait à ce qu'une paire de bœufs attelés à une charrue peut labourer en un jour. On compte plus de quarante espèces de colonies, d'après les différents modes d'assignation et les différentes mesures employées pour la composition des lots ^. Les colonies avaient toujours été le boulevard de l'Empire, propugnacula imperiiy en même temps qu'elles servaient à surveiller les ennemis comme les alliés du peuple romain ; c'est l'expression même dont se sert Cicéron ^.
* Rei agrariœ auctores, édit. Goës. 1 vol. in-4. Amsterdam, 1674. — Rômische Feldmesser, 2 vol. in-8. Berlin, 1848-1852.
* Siculus Flaccus, De conditionibus agrorum, p. 17 et suiv.
3 Ibid. «Datum assignatum siogulis personis certum modum, aliquando vero compluribus uimm modum. »
-* Ibid, «Varios...coloniarmnritus, agrorum assignationes dlvisionesque varias» »
& GoesiuB, Antiquit. agrar. lib. sing., p. 39. « ... Ut verissimum sitj quod scribit Gicero : « colonias sic idoneis locis contra suspicionem pericuîi « coUocatas ut esse non oppida Italise, sed propugnacula imperii viderentur. » Neque propugnacula modo, verum inde speculabantur atque indagabant, quid socii, quidhostes, quid fœderati, quid alii molirentur... »