‹ Essai sur la condition des barbares établis dans l'empire Romain auChapitre 11 sur 162 · ASSOCIATIONS DE PEUPLES · texte numérisé non relu

ASSOCIATIONS DE PEUPLES

leurs fruits et les vins délicieux que produisait la Toscane ^ Le même instinct poussait les Germains vers le Rhin et le Danube; tous leurs efforts tendaient à franchir cette double barrière pour se répandre dans les riches contrées de la Gaule, de l'Italie et de la Grèce. Ils tâchaient de tromper la surveillance des postes et des campements romains, fondaient à Timproviste sur de paisibles cultivateurs, ravageaient les campagnes , évitant de se mesurer avec les légions dont ils reconnaissaient la supériorité, et regagnant en toute hâte leurs forêts et leurs marais pour se mettre à l'abri des poursuites. Le temps et les progrès de la civilisation n'ont pas complètement modifié le caractère et le système de guerre des Allemands : on retrouve encore aujourd'hui chez les descendants et les héritiers des Germains plus d'un trait de ressemblance avec leurs ancêtres.

A cette première cause de déplacements continuels des populations dans la Germanie s'en joignait une seconde. Les invasions n'étaient pas toujours le fait de simples tribus agissant isolément et pour leur propre compte. Les différentes tribus de même race, de même famille, se groupaient sous la conduite d'un chef plus illustre autour d'une nation conquérante et formaient alors une véritable armée composée, non-seulement de quelques milliers d'hommes, mais de multitudes innombrables, grossissant sans cesse comme les eaux d'un torrent débordé. ., Chaque siècle voyait se former de pareilles associations de i peuples, et chaque fois Rome devait trembler pour son "j existence.

Vers la fin du ii'' siècle avant l'ère chrétienne,

* Gibbon, Histoire de la Décadence et de la Chute de V Empire romain^ t. II, c. IX. Trad, Guizot.

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