LE GOTH MAXIMIN
peaux de Borne, il se ât remarquer par saiorca prodigieuse et son habileté dans tous les exercices du corps ^ . Il quitta le service sous le règne de Macrin, acquit d'importants domaines dans son pays natal» échangeant avec les Goths et les Âlains , ses compatriotes , des présents et de continuels rapports *. Il rentra dans Tarmée sous Héliogabale, avec le titre et le rang de tribun, combattit les Parthes à la tête d'un escadron de. cavalerie pannonienne ^, et fut appelé par ses soldats , après le meurtre d'Alexandre Sévère, à recueillir la succession de ce prince. Il poursuivit, à la tête des légions, la marche de ses prédécesseurs, pénétra dans la Germanie, la dévasta, lui imposa la paix et revint triompher à Sirmium, méditant de nouvelles guerres contre les Sarmates , rêvant de porter jusqu'à r Océan la limite septentrionale de l'Empire*. Les empereurs barbares, on le voit, n'étaient pas les moins ambitieux: mais il eut le sort-réservé alors à presque tous les Césars et fut renversé avant d'avoir eu le temps d'accomplir ses vastes desseins.
La révolution administrative de la fin du m'' 6t du commencement du iv« siècle renversa les dernières barrières qui pouvaient s'opposer à la pénétration de l'Empire par les Barbares. Toutes les dignités conférées par l'empereur formèrent une hiérarchie savante dont les différents degrés se reliaient l'un à l'autre : il suffi-
* Joru., Dereb* G-et.^c. v.
** Capit., Vit. Maxim., c. iv. « Sub Macrino a militia desiit et in Thracia in vico ubi genitus fuerat possessiones comparavit ac semper cum Gothis commerciaexercuit... Alani quicumqae ad ripam venerunt amicum eum donis vicissim recurrentibus approbabant. •»
3 Jorn., ibid,. — Zos., 1. 1, c» xiii, MotÇt|AÎvov... Tote tf); natovtx^ç Ur,; â^TiYoujievov.
^ Capit., Vit. Maxim.y c. xi. « Pacata Germania Sirmium venit Sarmatis inferre belliun parans atque auimo habens, concupiens uaque ad Oceanum Septentrionales partes in Romanam ditionem reciigere. )•
DIOCLÉTIEN BT CONSTANTIN 175
sait de franchir les premiers pour parvenir aux derniers. La question d* origine n'était plus qu'une question secondaire : chaque fonction avait son titre qui devenait personnel et constituait pour celui qui en était revêtu da vrais quartiers de noblesse ; la milice palatine, militia palatina^ qui comprenait les offices militaires et civils du palais^ ce que nous appellerions aujourd'hui la cour, formait une aristocratie, non de naissance , mais de position. Cette aristocratie, dès lors , se recrutait dans les rangs de tous les fonctionnaires et en particulier.de l'armée, car la cour était surtout une cour militaire. L'expression même par laquelle on la désignait réveille l'idée d'un camp (comi" tatiis)y et les dignitaires de l'Empire portaient le titre de comités^ d'où est venu notre mot comte.
Un des premiers actes de Constantin , après sa victoire sur Maxence et son entrée triomphale à Rome, fut d'admettre au sénat de cette ville des hommes, non-seulement de toutes les provinces, mais de toutes les nations, afin que cette auguste as^.emhlée, la plus illustre du monde, ne fut privée d'aucun genre de mérite et réunît dans son sein les sommités de l'univers entier ^ L'exercice de certaines fonctions conférait de droit le rang et la dignité de sénanateur. C'était alors un des modes de recrutement du sénat romain.
Constantin alla plus loin ; s'il faut en croire le témoignage d'Eusèbe ^ ; pour attirer les Barbares- dans l'Empire
1 Nazarius, Panegyr. Constantino Augusto, c. xxxv. « Sensisti, Roma, tandem, arcem te omnium gentium et terrarum esse reginam, cum ex omnibus provinciis optimales viros curise tuse pigneraveris : ut senatus dignitas non nomine, quam re, esset illustrior, cum ex totius orbis flore constaret. >
* Eusèbe, Vit, Constant., 1. IV, c. vu. 'ETiji.a 8è xal pa>[j.aixoîi; àÇiwjiaejiToOçèv a^xoT; Ôiaçaveejxépouç, war' ^^ôr; TcXeiouç ty)v èvxavOa ŒxépYeiv 5iaTpi69jv» âiravoôoy xyj; elç xà olxeîa XyjÔYiv 7r£7iot7ni.évou<;. ' •