‹ Essai sur la condition des barbares établis dans l'empire Romain auChapitre 133 sur 162 · LES BARBARES CONSULS · texte numérisé non relu

LES BARBARES CONSULS

judicieuse d'ÂmmieD S ne sut pas éviter la prétendue £aute qu'il reprochait à Constantin; car, Tannée même où il élevait au consulat Mamertin, son rhéteur favQri, il lui donnait pour collègue un Barbare, le 6oth Nevitta^. Dès lors les fastes consulaires se remplissent de noms étrangers qu'on peut facilement reconnaître malgré leurs terminaisons latines et le nom d'adoption que prenaient les Barbares en passant au service de Rome ^.

L'influence des Barbares , pendant toute la seconde moitié du iv* siècle, fut considérable. Us étaient partout, avaient envahi successivement les armées, les magistratures, la cour, les conseils du prince; on pouvait leur appliquer ce que Tertullien disait un siècle auparavant des chrétiens ^ : « Nous ne sommes que d'hier et cependant nous remplissons vos places, vos maisons, vos palais. Dans quel lieu pénétrerez-vous sans nous y rencontrer ? »

Parmi tous ces peuples delà Germanie, appelés à fournir à l'Empire des capitaines, des généraux, des hommes d'État,

^ Amm., 1. XXI, c. x. « Qui (Julianus), cum vitare deberet id, quodinfestius objurgavit, brevi postea Mamertino in consulatu junxit Nevittam, nec splendore, nec usu, nec gloria horum similem quibus raagistratum amplissimum detulerat Gonstantinus... »

* Ihid.^ XXI, c. VIII. « ... Itidem Nevittae magisterium commisit armorum. »

3 Les Barbares dignitaires de TEmpire avaient un nom national {cognO' men) et un prénom romain [prœnomeh) qui indiquait leur droit de cité, de noblesse romaine. On y joignait, quand ils étaient convertis au christianisme^ un nom de baptême {agtiomen)» Nous en voyons un curieux exemple dans lun des derniers numéros du BiUletin d'archéologie chrétienne de M. de Rossi (187^, n" 1, p. 25.) Il s'agit d'un Goth, maître de la milice {mcLçister utritisque militiœ) au v* siècle, donateur d'un fonds, dans le dictés patricius\ fonds sur lequel fut dédiée l'église de Saint-André de 'l'Esquilin, appelée pour cela Catabarbara patricia et désignée auparavant sous le nom de basiliqibe de Junius Bossus. Ce Goth s'appelait Valila ; il portait trois noms : le cognomen^ nom national, Valila : le prœnomen^ nom romain, Flavius : Vagnomen^ nom de baptême, Theodorius. — Voir notes et éclaircissements n" 9.

* Tertul., Apologétique, c. xxxviî.

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