‹ Essai sur la condition des barbares établis dans l'empire Romain auChapitre 134 sur 162 · LES BARBARES · texte numérisé non relu

LES BARBARES

des ministres, les Francs tiennent la première place ; leurs noms dominent tous les autres. Â chaque page d'Âmmien Marcellih nous retrouvons quelqu'un des leurs mêlé aux événements et à la politique. Lorsque Constantin leur accordait toutes ses faveurs, il ne prévoyait point que son fils Constance se verrait disputer l'héritage paternel par l'usurpateur Magnence, fils d'un de ces Barbares admis dans la Gaule à titre de Lœti, et qui du commandement de deux légions , les Joviens et les Herculéens , s'éleva jusqu'à la pourpre impériale. Acclamé par le peuple, salué Auguste par les soldats, Magnence força l'empereur Constant à fuir en Espagne et à s'y donner la mort, puis, à la tête d'une arijaée composée principalement de Francs et de Saxons , il tint en échec Constance pendant plusieurs années, jusqu'à ce que la trahison d'un autre Franc, Silvanus, fît tourner la fortune du côté de son rival. La plupart des corps d'élite dont se composaient les troupes palatines avaient pour chefs des Barbares, des Francs : ces emplois étaient recherchés et avaient une grande importance par le crédit qu'ils assuraient à la cour et dans l'entourage du prince. Un Bainobaudes, tribunus scutariorum, un Malarichus, rector Gentilium, un Agilon, tribunus stabuli, un Dagalaiphe, cornes domeséicorum, un Balchobaudes, tribunus armaturarum *, étaient de vrais personnages politiques dans une monarchie telle que celle du Bas-Empire ; ils avaient la main dans toutes les intrigues, dans tous les partis. et dans les révolutions de palais. C'est ainsi que Malarichus, voulant sauver son compatriote Silvanus, sur qui pesaient les plus graves soupçons, réunit tous les Francs, employés comme lui à la cour et faillit ' soulever une tempête par le ton de sa protestation^.

* Amm.^ passim.

2 Ibid., 1. XV, c. V « Malarichus suam et popùlaris Silvani vicem gra-

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