VAINES TENTATIVES DE REACTION
Thémistius nous parle de statues .élevées aux rois barbares à côté de celles des autres personnages illustres de l'Etat, dans la curie de Constantinc^le comme à Rome sur le forum de Trajan^ On regardait avec un œil d'envie ces nouveaux venus dont la faveur grandssait tous les jours et que la munificence impériale comblait d'honneurs. Un évëque du temps, Synésius, dans un de ses écrits où il trace au âls de Théodose les devoirs et les obligations de la royauté, déclare qu'en Orient Goth est devenu synonyme d'homme et Romain celui de femme ^.
Il y eut plus tard, vers la fin du iv" siècle, sous les fils de Théodose, Ârcadius et Honorius, quelques tentatives pour réagir contre Tenvahissement des modes empruntées aux Barbares et qui avaient un si grand succès. On voulut les proscrire, soit à Rome, soit dans les provinces voisines de Rome comme contraires à la majesté et à la dignité de l'ancienne capitale de l'Empire. Deux rescrits, datés l'un de l'an 397^, l'autre, un peu postérieur, de l'an 416*, interdisent formellement, sous peine de Texil et de la confiscation des biens, l'usage, dans la ville de Rome ou les environs, des hautes chausses, des pantalons, des longs cheveux, des fourrures, même pour les esclaves. .
Quel résultât, quelle autorité pouvaient avoir de semblables décrets, tandis que les deux princes qui les avaient signés se trouvaient eux-mêmes gouvernés, l'un par le Gaulois Rufîn, l'autre par le Vandale Stilicon? Rufin, d'abord commandant des troupe palatines ^, s'était élevé successi-
i TheiQJstius, Orat., XV, p. 190-191.
2 Synésius, In oratione de regno, ■
3 C'od. Théod., XIV, tit. 10, loi 2.
4 Ibid., tit. 10, ïoï 4.
5 Zos., 1. IV, c. Li. Tûv ôè xà; «pxàç iwiTetpajjijiévwv èv ti|*,^ xaT'âÇaCpeTov y\'^zxQ 'Poupïvo;, KeXxo; to yévoç, (jiaYKTTpoç tûv âv t^ aùX^ to^scov x«- Taaxàç...