STILICON
vement par le consulat et la préfecture du prétoire à un degré de puissance qui le rendait le Teriiable maître des affaires ^ Il exerça à Constantinople le pouvoir absolu sous le nom d'Arcadius penduit plusieurs années, en profita pour acquérir une immense fortune, voulut marier sa fille avec le jeune prince et songeait à usurper l'Empire lorsqu'une de ces conspirations de palais alors si fréquentes déjoua ses plans et le renversa.
Stilicon n'avait rien de commun avec le favori d'Arcadius. C'est une grande figure : par son mérite personnel, par sa supériorité incontestable, par ses talents militaires et politiques, il était digne du choix de Théodose et de l'influence qu'il exerça sur son pupille Honorius. Son- père avait déjà servi dans les armées romaines et conmiandé une aile de cavalerie des Vandales auxiliaires ^ Il se fit remarquer de bonne heure, fut placé lui-même -à la tête des légions et devint, après la mort du grand Théodose, tuteur du plus jeune de ses fils, régent de l'empire d'Occident^. Cette haute position dans laquelle il se maintint pendant quatorze ans (395-408), lui permit de déployer les éminentes qualités dont il était doué. La situation de l'Empire était alors des plus critiques. Menacé de toutes parts par ses ennemis du dehors, miné au dedans par une dissolution sans exemple, il n'avait plus que les apparences de la vie. Stilicon, par son habileté, par son activité prodigieuse, sut faire face à tous les dangers et arrêter les progrès du mal. La brillante victoire de Pollentia sur les hordes germaniques conduites par Radagaise sauva l'Italie et augmenta encore sa puissance *. On se crut
* Zos., 1. IV. C. LU.
2 Opitz, p. 31.
3 Zos., 1. V. c. I. -- Opitz, p. 39.
•* Zos., J. V, c. XXVI.