SYSTÈMES SUR LA GRANDP: INVASION
rélément gallo*romaia ; la population conquise se serait trouvée, sinon détruite, du moins effacée par la population conquérante ; la Germanie, en implantant ses guerriers sur le solde la Gaule, y aurait implanté du même coup ses lois, ses coutumes et ses institutions, les substituant à celles de Rome.
L'abbé Dubos , contemporain de l'illustre publiciste , mais appartenant à une école opposée, développe des idées et un système contraires ^ . S'appuyant sur les rapports antérieurs des Romains avec les Barbares, sur les nombreux établissements de ces derniers dans les provinces romaines , en qualité de sujets , d'alliés , de soldats ou d'hôtes de l'Empire, il en conclut que l'occupation définitive de la Gaule par les Germains, et en particulier par les Francs, n'a eu aucun des caractères de la conquête, n'a été accompagnée d'aucun acte de violence ni de spoliation, qu'il y a eu une simple substitution des rois francs aux empereurs romains, une cession volontaire, une délégation de droits, du consentement même des'peuples. Ce changement , selon lui , a été l'œuvre du temps et des circonstances, mais non de la force ; les Romains ont continué à jouir sous la domination mérovingienne des mêmes avantages , des mêmes droits que sous l'administration impériale, étant régis par les mêmes lois qu'auparavant, vivant sur un pied d'égalité parfaite avec les Francs.
Le grand nom de Montesquieu, la popularité de son talent et de ses ouvrages , le jugement si sévère qu'il a porté sur l'abbé Dubos ^ ont fait tomber pendant longtemps en discrédit le système opposé au sien ; il semblait qu'on ne pût revenir sur un tel arrêt, accepté par la postérité
* Histoire critique de V établissement de la monarchie française dans les Gaules.
* Montesquieu^ Esprit des LoiSt 1. XXX, c. xxiii-xxv.