LE GOUVERNEMENT ROMAIN
des provinces les rendait indifférents aux destinées de l'Empire, dont les intérêts n'étaient plus les leurs. La plupart des provinciaux, provinciales y ne connaissaient le gouvernement romain que par ses préfets ou ses lieutenants, que par les exactions de ses magistrats. Les révolutions continuelles, les guerres -civiles dont ils ressentaient le contre-coup et qu'ils subissaient bien plus qu'ils ne les faisaient eux-mêmes , achevaient de les détacher du principe d'autorité , de relâcher les liens par lesquels ils tenaient à la métropole, La confiance, la sécurité, la prospérité qui résulte de Tordre et de la paix, en un mot, tout ce qui &it la force d'un Etat et lui concilie l'affection des sujets était banni du monde romain.
Nous avons déjà parlé de la fiscalité et des ravages qu'elle exerçait au rv« siècle ^ Le but principal, unique, de l'administration savante établie parles empereurs semblait d'arracher aux malheureux habitants des provinces, sous forme d'impôts , des taxes ordinaires ou extraordinaires, des dons plus ou moins volontaires , des sommes d'argent considérables. Tandis que les ressources diminuaient, que la fortune publique et privée se voyait amoindrie par les maux de l'invasion et d'une guerre permanente qui ruinait l'agriculture et paralysait le développement du commerce, les impôts croissaient toujours avec les besoins vrais ou factices du trésor , obUgé de subvenir aux frais d'une administration ruineuse, aux dépenses de la guerre et à l'alimentation de la population oisive des villes. Le poids des charges publiques retombait d'une manière presque exclusive sur la propriété foncière soumise en même temps à l'impôt territorial et à celui de la capitation. Les classes riches avaient seules le moyen d'éluder la loi en se renfer-
* ZOS., 1. II, C. XXXVIII.