CARACTÈRE DES INVASIONS GERMANIQUES
chaîne des Balkans (V Hémus)y pour se répandre de la Mésie dans la Thrace, la Macédoine, TÉpire, la Thessalie, jusque dans l'Achaïe et l'Asie Mineure S semant partout la ruine et la désolation, inspirant une profonde terreur *. Les invasions germaniques avaient quelque chose d'afifreux : ce n'était pas une guerre ordinaire, mais un fléau destructeur qui s'abattait successivement sur toutes les provinces ; ces hordes sauvages commettaient des excès de toute nature et ne laissaient après elles que le désert. L'Orient se crut perdu. Il fallut verser des flots de sang, lutter pendant plus de dix ans pour arrêter les envahisseurs et les refouler audelà des frontières. Les empereurs marchèrent en personne contre les Barbares ; les deux Décius trouvèrent- la mort en les combattant, comme les anciens héros du même nom qui s'étaient dévoués pour le salut de la République. Claude II, un de ces généraux qui commandaient alors les armées romaines, et que le malheur des temps élevait jusqu'à la pourpre, remporta sur eux une victoire décisive près deNaïsse, dans la Mésie supérieure, aujourd'hui la Servie, l'an 268, et put annoncer dans son rapport sur cette mémorable bataille l'anéantissement de trois cent vingt mille ennemis parmi lesquels se trouvaient non-seulement des Goths, mais des peuples de différentes nationalités ^. L'Orient fut
1 Aurel. Vict., De Cœs, c. xxxiii. « Thraciam Gothi libère progressi Macedonas Achaeosque et Asise finitima occuparunt... » — Opitz, op. cit., p. 7-9.
2 Tpebellius Pollion, Vita Claudii, c xi. « ... Finitum est asperrimum bellum terropesque Romani nominis sunt depulsi. »
3 Amm., 1. XXXI, c. v. « Scythicarum gentium catervje transgressœ, ediderunt quidem acerbas terra marique strages... CeciJerunt dimicando cum Barbaris imperatores Decii, pater et filius. Obsessse Pamphyliae ci vitales, insulse populatœ complures ; inflammata Macedonia... Post clades acceptas iUatasque multas et ssevas..., vagati per Epirum, Tbessaliamque et omnem Qrseciam licentius hostes externi : sed adsumpto in imperium Claudio glorioso ductore..., pulsi per longa sœcula siluerunt immobiles. > —