LA GAULE
maintint en dépit de la fusion des deux races et chercha constamment à reconquérir le premier rang.
Les révoltes de la Gaule furent perpétuelles ; elles commencèrent sous Tibère , par le soulèvement du Trévère Julius Florus et de l'Eduen Sacrovir^ et se continuèrent durant les quatre premiers siècles de TEmpire, n'attendant qu'une occasion favorable , saisissant le moindre prétexte, profitant de tous les embarras de Rome. Les che& de ces révoltes faisaient toujours valoir les mêmes griefs, c'est-àdire l'aggravation des impôts, l'insolence et la cruauté des gouverneurs romains, Ja supériorité de la race gauloise sur la race latine*. Dès l'époque de Vindex, dont le nom même semblait un symbole de la revendication de l'autonomie gauloise, on voit surgir le projet d'un empire national des Gaules (imperium Galliarum) ^. La fondation de cet empire, substitué à celui de Rome, est la préoccupation constante des patriotes de la Gaule, leur grand moyen de popularité, ils répètent partout les prophéties des druides l)romettant aux nations transalpines le sceptre de l'univers et l'héritage des Césars *.
Les échecs successifs de Vindex, de Julius Sabinus, de Glodius Albinus élevés à l'empire et traités d'usurpateurs parce que la fortune trahit leurs efforts , ne découragèrent point les Gaulois. La période des trente tyrans, période de confusion et d'anarchie qui succéda aux désastres et aux turpitudes du règne de Gallien , fournit à la Gaule une
i Tac, Ann,^ 1. III, c. xl.
2 Ibid.
3 Tac, ffist.i !• 1^9 c. Lix. « Glassicus..., sumptis Romani imperii insignibtus, in castra venit... Juravere qui aderant pro imperio OaUiarum. »
^ Ibid., c. uv. « Gaptam olim urbem, sed intégra JoTis sede, mansisse imperium. Fatali nunc igné signum cœlestis irœ datum et possession nem rerum humanarum Transalpinis gentibus portendi superstitione vana Druidse canebant. >