RÉVOLTES DE LA GAULE
nouvelle occasion d'attester son esprit d'indépendance, sa prétention de disposer de la couronne impériale et de donner ainsi des maîtres à Rome dont elle ne pouvait parvenir à secouer le joug*. Les deux Posthumus, Lollianus, Marins, les deux Victorinus, les deux Tétricus, Satuminus, étaient tous des Gaulois ; parmi les usurpateurs qui furent alors salués empereurs et revêtus de la pourpre, on en compte jusqu'à neuf originaires des Gaules. La plupart appartenaient aux armées où ils avaient fait leurs preuves et contribué puissamment, à la tête des légions, à repousser les Barbares. Les Gaulois passèrent toujours aux yeux des Romains pour les sujets les plus inquiets, les plus turbulents de l'Empire, pour de véritables révolutionnaires^. C'est le témoignage que leur rendent tous les historiens latins, sans excepter Tacite ^. Leurs révoltes avaient paru à tous les empereurs plus dangereuses que celles des autres provinces; aussi les avaient-ils combattues avec une vigueur exceptionnelle et affectaient-ils d'en triompher comme ils triomphaient des ennemis extérieurs. L'importance de la Gaule pour Rome était manifeste ; elle reculait la frontière romaine jusqu'au Rhin et lui faisait contre la Germanie un plus solide rempart que les Alpes. Le génie politique de César lui avait révélé qu'elle serait un jour le théâtre des luttes du monde romain et du monde germanique*.
* Lehuër., Inst, Mérov,, 1. 1, c. ix.
2 Treb. Poil., Triginta tyranni, c. m (De Posthumio). «... More ilio quo Galli novarum rerum semper sunt cupidi. » — Vop., Vita ScUumini, c. I. « Satuminus oriundus fuit Gallis, ex gente homiDum inquietissima et avida semper, vel facieudi Principis, vel Imperii. » — Amm., 1. XXX, c. X. « ... Gohortibus Gallicanis, quœ non semper dicatse legitimorum Principum fidei, velut imperiorum arbitrée ausurœ novum cpiiddam in tempore sperabantur. »
3 Tac, Germ,, c. xxix. « ... Levissimus quisque Gallorum... >
4 Lehuër., 1. T, c. i.