‹ Essai sur la condition des barbares établis dans l'empire Romain auChapitre 155 sur 162 · LA CONFEDERATION ARMORICAINE · texte numérisé non relu

LA CONFEDERATION ARMORICAINE

liberté qui. travaillait cette partie de TEmpire et tendait à s'y développer de plus en plus.

Le pays armoricain , la Bretagne actuelle , où s'était réfugié le druidisme , après la conquête romaine , fut un des premiers à proclamer son autonomie, à refuser la soumission et l'obéissance aux magistrats romains et à se constituer en république indépendante ^ Le fait est incontestable, malgré les objections et les critiques de Montesquieu ; î'abbé Dubos ne l'a point inventé ; il nous est attesté par les contemporains eux-mêmes ^. La confédération armoricaine fut une ligue pour la défense nationale de la Gaule et l'expulsion des étrangers, soit romains, soit barbares. Elle n'atteignit point le but qu'elle s'était proposé, mais sut affirmer et maintenir son indépendance pendant plus d'un demi-siècle, au milieu des bouleversements incessants dont la Gaule fut alors le théâtre : elle essaya de grouper autour d'elle les populations les plus voisines de la Bretagne , principalement celles du littoral , et ne fit sa soumission aux Francs que sous le règne de Glovis, après avoir épuisé les moyens de résistance et obtenu les conditions les plus favorables. Il n'est pas sans .intérêt de remarquer que cette même province de Bretagne, si jalouse de sa liberté et de son autonomie dès le temps des Romains, a gardé dans le cours de notre histoire le même caractère, la même fidélité à sa langue, à ses usages, à ses institutions, ne s'est laissé annexer à la monarchie française qu'en stipulant des garanties spéciales pour le maintien de ses prérogatives et n'a jamais cessé de lutter contre les empié-

^ Zos., 1. VI, c. V. *0 ^AptiopiX^^ ^'^«^ ^*^ ÊTepai TaXaTôv hzap^iai^ BpsTTavo^^ç (i,i(i,Ti<Tà(jLevai, xatà tôv îdov d^aç ^XeuÔépbxtav Tpoicov, èx6àXXoylOLi jJièv Toùç 'PwjJiaiouç àpxovxaç, olxetov 8è xaT'iÇouiriav icoXiTsupta xaôtff- Tàorai.

2 L'abbé Dubos, l. IV, c. vin.

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