L'ÉGLISE KT L'EMPIRE
nement lui-même. Loin de songer à le renverser, ils firent avec lui une alliance étroite, lui empruntèrent son organisation, ses formes extérieures, sa hiérarchie, sa juridiction , sa langue administrative et officielle. Les chrétiens faisaient des vœux sincères pour la prospérité et pour la durée de l'Empire; toutes les espérances du monde leur paraissaient attachées à sa conservation ; sur^i^ point, ils partageaient pleinement la foi universelle aux destinées de Rome. Nous en avons la preuve manifeste dans les écrits des Pères , des docteurs de l'Eglise. Tertullien, dans son Traité contre les nations fadversus gentesj, recule d'effroi à la seule pensée des maux qui menaceraient l'humanité si la seule barrière capable de les arrêter venait à crouler * . Saint Jérôme , au retour de son voyage sur les bords du Rhin et dans la Germanie , s'écrie : « Que deviendronsnous si Rome périt*? » Le poète Prudence, lui aussi, rêve comme le symbole le plus parfait de la conciliation des deux sociétés civile et religieuse l'alliance de l'Empire et de. l'Eglise ^. Sidoine Apollinaire ne sépare point le romain du chrétien, révêque du citoyen, et proteste de son dévouement, de sa fidélité ^ l'Empire, dont les malheurs ne sauraient le détacher *.
* TertuU., Adversus gentes, « Est et alia major nécessitas orandi pro imperatoribus, etiam pro onmi statu imperii rebusque romanis, quod vim maximam universo orbi imminentem ipsamque clausulam sseculi acerbitates horrendas comminantem, romani imperii commeatu scimus retardari. Itaqae nolumns experiri, et dum precamur differri, Romanse dintumitati favemus. »
* Saint Jérôme, Epistola ad Ageruchium» « Quid salvum est si Roma périt ? »
3 Prudence, Peristephanon^ hymn. 11, v. 417-440»
* Sid. ApoU., Panegyricus Amto Atigusto socero dictus^ carmen VII, V. 539-541.
... sanciumqae putamns Rem vetefetn per damna sequi : portavimus ambrftin Imperii...