DES PEUPLES DANS LA GERMANIE
recherche d'une nouvelle patrie, de conquérir à son tour une autre place au soleiP. L'Allemagne, par. sa position géographique, s'est trouvée le principal passage des nations
d'Orient en Occident et du Nord au Midi dans ces grandes migrations qui ont duré plusieurs siècles et joué un si grand rôle dans l'histoire du monde. Ce mouvement incessant des populations \ travers la Germanie avait pour effet de pousser les Barbares sur la frontière rom.aine par une force fatale et irrésistible, comme les flots d'une mer agitée qui se pressent les uns les autres et viennent sans cesse battre le rivage. L'arrivée de nouveaux conquérants sur les bords de la Baltique amena l'émigration en masse des Gimbres et des Teutons ; refoulés jusqu'au Rliin et au Danube, ils se heurtèrent contre l'Empire. Nous avons un témoignage certain de la nécessité qui leur était imposée et des dispositions qu'ils apportaient. Avant de déclarer la guerre, ils envoyèrent une ambassade à Papirius Carbon ^ pour demander la paix et l'alliance des Romains , promettant de se mettre au service de Rome, si on leur accordait , à titre de solde , des terres et un établissement dans l'Empire. Le refus de ces conditions les obligea à recourir aux armes, afin d'obtenir par la force ce qu'on ne voulait pas leur donner de plein gré. Succomber ou se frayer un chemin par la victoire , telle était la destinée de ces peuples
* Gaupp., Ersier abschnitty c". viii. {Verfahren der Germanen.) « Die altère Géschichte kennt viele Beispiele gànzlich vertriebener Vôlker, und es kann dann zweifelhaft sein, welcher als der nâchste Grund hiervon angesehen werden musse, ob mehr die tingestûme Freiheitsliebe der Besiegten, welche es vorzog die Heimath zu meiden statt sich den Siegern zu unteiwerfen, oder die Unduldsamkeit der Letzteren, welche die 'Ueberwundenen auf demselben Boden auch nicht einmal als Knechte neben sich leiden wollte. y»
2 Florus, 1. HT, c. iv. « Ut Martiufe populus aliquid sibi terrœ daret quasi stipendium ; cseterum, ut vellet, maiiibus atque armis suis uteretur.»^ Ozanam, Les Germains^ c. vi.