‹ Essai sur la condition des barbares établis dans l'empire Romain auChapitre 21 sur 162 · JULIEN DANS LES GAULES · texte numérisé non relu

JULIEN DANS LES GAULES

peuples qui n'avaient eu jusqu'alors aucun rapport avec elle. Souvent victorieuse, elle repoussait généralement ces attaques et maintenait l'intégrité de son. territoire ; parfois même, elle envahissait à son tour le pays des Barbares, transportant chez eux le théâtre de la guerre, pillant, dévastant, incendiant leurs villages, comme ils pillaient et incendiaient les campagnes romaines. Il n*y avait que des trêves plus ou moins longues, jamais de paix véritable. Rome comprenait que pour assurer son repos il aurait fallu anéantir les Barbares et, désespérant d'arriver à ce résultat, elle cherchait du moins à leur faire le plus de mal possible, à les réduire à l'impuissance par une guerre de détail et d'extermination où ses forces s'épuisaient plus encore que celles des Germains.

Toutes les expéditions de Julien contre les Francs ou les Âllamans, sur le bas comme sur le haut Rhin, pendant les six années consécutives (355-361) qu'il exerça la haute administration civile et militaire des Gaules, tendent au même but. Il a pris soin lui-même de nous révéler les secrets de sa politique et l'histoire de son gouvernement, dans ces fameuses lettres qu'il écrivait aux Athéniens, ses anciens maîtres, dont il recherchait les éloges sur le trône comme dans les écoles ^. Les Athéniens recevaient le bulletin exact de chacune de ses victoires, et par ces conversations intimes, nous sommes mieux renseignés que par les relations officielles adressées à la cour de Milan. L'historien Ammien Marcellin, soldat en même temps qu'écrivain, narrateur fidèle et souvent dramatique des faits dont il a été le témoin, quelquefois l'acteur,

c. XXXII. «c Burgundionum quoque novorum hostium novum notnen, qui plus quam octoginta millia (ut feront,) armatorum ripa Rheni fluminis insederunt. »

^ Julien, Epistoiœ ad Athéniennes»

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