‹ Essai sur la condition des barbares établis dans l'empire Romain auChapitre 3 sur 162 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

Nous n'avons nullement la prétention d'embrasser dans toute son étendue une aussi vaste question. Nous nous bornerons à préciser les points les plu^ importants, à grouper les principaux documents, soit anciens, soit modernes, relatifs à notre sujet et qui peuvent contribuer à l'élucider.

Les copies des traités, des conventions conclues entre les Romains et les Barbares, véritables archives de la chancellerie romaine , sont perdues pour nous , mais nous avons le Gode Théodosien, grand recueil des lois impériales du iv'' siècle. Les historiens latins, depuis Tacite jusqu'à Ammien Marcellin , les orateurs, les poètes, les panégyristes, les apologistes chrétiens euxmêmes renferment aussi de précieux renseignements sur la nature des rapports qui s'étabUrent entre Rome et la Germanie.

Parmi les modernes, les Allemands se sont particulièrement occupés d'une question qui touche de si près aux origines de leur nationalité. Ils l'ont fait avec leur esprit de recherche et de critique. Nous aurons souvent à les citer, à nous appuyer de l'autorité de leurs noms et de leurs écrits ^

La part des écrivains français, moindre à certains égards, n'est pas cependant sans importance. Montes-

A Gaupp, Die getmamschen AnsiecUungen und Landtheilungen in den Promnjien des Romischen Wesireiches, Bresiau, 1844. — Walter Geschichte des Romischen Rechts, Bonn, 1860. — Sybel Deutsche Unterthanen des Romischen Reichs, 1844. {Jahrbûcher des Vereins von Alterthumsfreunden im Rheinlande,)

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quieu et l'abbé Dubos* au siècle dernier, Chateaubriand, MM. Guizot, Ozanam, Augustin et Amédée Thierry dans le nôtre, ont exprimé sur la décadence romaine et les origines de nos sociétés modernes des idées aussi justes qu'élevées, sans parler de livres plus spéciaux et moins connus, mais d'un mérite réel, tels que les Institutions mérovingiennes de M. Lehuërou ^.

Cette question des rapports des Romains et des Barbares est une question nationale pour nous comme pour les Allemands. La Gaule, principal théâtre des invasions germaniques, peuplée dès les premiers siècles de l'ère chrétienne de colons et de soldats barbares, occupée définitivement par les Germains au v* siècle, tient une place considérable dans les événements qui ont amené la chute de l'Empire. Ecrire l'histoire de ces événements, c'est écrire une page d'histoire de France. Outre l'intérêt de curiosité générale qui s'attache à l'étude d'une grande période, d'un grand siècle, il y a pour nous un intérêt particulier à étudier une révolution qui s'est opérée sur le sol de notre patrie, d'où est sortie notre nationalité.

Le plan était indiqué par la nature même du sujet. Nous passerons successivement en revue les diflférentes catégories de Barbares établies dans l'Empire : les Z)^dititiij les Fœderati^ les Lœti^ les Gentiles* Nous

. ^ Histoire critique de l établissement de la monarchie française dans les GatUes^ 1734, 3 vol. m-4.

' Lehuërou, Histoire des Institutions mérovingiennes t Paris s Joubert, 1642, in-8.

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