LES HUNS ATTAQUENT L'EMPIRE
replier au-delà du Danube sur le territoire romain, où, reçus d'abord en qualité de suppliants et d'alliés, ils devinrent bientôt les plus redoutables ennemis de Rome. C'était la quatrième fois depuis Auguste qu'elle voyait se presser sur ses frontières toute la Barbarie coalisée contre elle ; attaquée de toutes parts, elle devait faire face en même temps, à l'occident et au nord, aux Allamans, aux Saxons, aux Scots ; au midi, aux Austoriens et aux Maures de l'Afrique; en Orient, aux Sarmates, aux Quades, aux Goths et aux Perses ^ .
Les Huns ne s'arrêtèrent pas là. Après avoir chassé devant eux les populations européennes du Nord et de l'Est, bouleversé la plus grande partie de la Germanie, ils se trouvèrent en face des Romains et attaquèrent l'empire d'Orient. Attila, leur chef, le fondateur de cette immense monarchie qui couvrait la moitié de l'Europe et un tiers de l'Asie, voulut ajouter h ses vastes possessions les riches provinces de l'Empire ; il conduisit ses hordes jusque sous les murs de Gonstantinople ; mais cette ville, admirablement choisie par sa position pour relier deux continents, devait être pendant plus de mille ans le boulevard de rOrient contre les invasions^. Attila, impuissant à franchir cette barrière qui avait déjà arrêté les Goths soixante ans auparavant ^, promena ses étendards victorieux à travers rillyrie,la Gaule et l'Italie.
La grande invasion de 406, conduite par Radagaise, et
* Ibid,, L XXVI c. IV.
2 Gibb;, t. VIL Ohser\yations sur la chute de V Empire romain en Occident.
5 Amm., L XXX^ c. xvi. « Processu audacia fracta, cum murorum anibilum insularuraque spaliis immensis oblongum, et inaccessas pulchritudines urbis, et incolentium plebem considerarent immensam juxtaque fretuiu, quod Poutum disterminat et-^gœum, disjectis bellorum officinis, quas parabant, post accepta majora funera quaiu iliata, exinde digressi sunt effusorieper arctoasprovincias... >»