‹ Essai sur la condition des barbares établis dans l'empire Romain auChapitre 31 sur 162 · POLITIQUE DE ROME · texte numérisé non relu

POLITIQUE DE ROME

formée de trois grands corps d'armée qui débordèrent en même temps sur l'Italie et la Gaule, après avoir franchi les Alpes et le Rhin, n'était elle-même que l'ébranlement des populations germaniques cl\assées par les Huns et contraintes de venir chercher une nouvelle patrie qu'elles ne devaient plus quitter cette fois, parce que Toccupation* reposa sur une véritable conquête *.

Durant toute cette période de quatre cents ans qui précéda et prépara la grande invasion, les Barbares furent en rapports constants avec les Romains appliqués à les discipliner en même temps qu'à les vaincre. Rome avait toujours eu deux politiques à l'égard de ses ennemis, et ces deux politiques eUe les employa simultanément pour les Germains comme pour les autres peuples ^. L'une, malfaisante, consistait à détruire, à opprimer par système, à faire le désert pour régner (ubi solitudinem faciunt pacem appellanl), politique d'ambition, d'avarice et de cruauté ^. Les plus honnêtes d'entre les Romains, partageantles idées et les préjugés nationaux de leurs concitoyens, ne lui refusaient ni leur approbation ni leurs encouragements. Tacite faisait des vœux patriotiques pour que l'esprit de haine et de discorde soufflât sans cesse sur la Germanie, pour qu'elle se déchirât de ses propres mains, tandis que Rome , favorisée des dieux , assisterait comme à .un spectacle à des massacres qui ne lui coûteraient rien et dont elle n'aurait •qu'à recueillir les fruits*. L'autre politique , bienfaisante

1 Sism., t. I, p. 194-190.

2 Ozanam, Les Germains, t. III des œuvres complètes, c. vu.

3 Tac, Agricolœ vita, c. xxx. « ... Raptores orbis postquamcunctavastantibus defuere terrae, et mare scrulantur ; si locuples hostîs est, avari ; si pauper, ambitiosi : quos nonOriens, non Occ.dens satiaverit : soli omnium opes atque inopiam pîiri affectu concupiscunt : auferre, trucidare, rapere falsis nominibus imperium ; atque ubi solitudinem faciunt pacem appellant.ï»

•i Tac, De Mor. Germ., c. xxxiii. «Pulsis Bructerisac penitùs excisis,

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