‹ Essai sur la condition des barbares établis dans l'empire Romain auChapitre 32 sur 162 · VIS-A-VIS DES BARBARES · texte numérisé non relu

VIS-A-VIS DES BARBARES

et civilisatrice , consistait à associer les étrangers à sa fortune, à les faire marcher avec elle dans les voies du progrès où elle les avait devancés, à leur servir, pour ainsi dire, de guide et d'initiatrice, les faisant ainsi participer aux avantages de son organisation sociale et militaire. Cette participation généreuse et habile n'était pas, il est vrai, tout à fait désintéressée ; son but était de les subjuguer par ces moyens moraux, encore mieux que par la force des armes ; elle s'assurait par là un concours fidèle et dévoué de leur part et les faisait travailler à sa propre grandeur ; il faut avouer qu'elle y avait assez bien réussi aux siècles les plus glorieux de la république pour suivre avec les Barbares cette antique tradition de son gouvernement. Aussi voyons-nous les différents peuples de la Germanie admis successivement dans l'Empire en qualité de sujets ou d'alliés, de colons ou de soldats, pénétrant toutes les couches, tous les rangs de la société romaine, avant de renverser le gouvernement impérial. Chaque guerre entre les Romains et les Barbares était suivie d'un traité stipulant les conditions des rapports futurs des deux nations. Dès le iv« siècle , l'invasion pacifique était consommée. Nous trouvons à cette époque les Barbares dans l'Empire sous divers noms, dont chacun correspondait à un état personnel et légal déterminé.

vicinanim consensu nationum, seu superbise odio, sen praedœ dulcedine, seu favore quodam erga nos deorum, nam ne spectaculo quidem prœlii invidere. Supe LX millia non armis telisque Romanis, sed qnod magnificentius est, oblectationi oculisque ceciderunt. Maneat, quseso, duretque gentibus si non amor nostri, at certe odium sui : quando urgentibus imperii fatis nihil jam prsestare fortuna majus potest, quam bostium discordiam.... i»

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