LE COLONAT
constitution de Timpôt chez les Romains, prend le colonat au moment de sa plus grande extension, c'est-à-dire au V* et au vi* siècle, puis, remontant d'âge en âge, de siècle en siècle, nous le montre à toutes les périodes de son histoire jusqu'à Auguste et même à une époque antérieure.
Il peut y avoir sans doute quelque exagération à lui chercher une si longue filiation, à vouloir retrouver ainsi les traces de sa première origine dans un passé si lointain, mais à coup sûr les Barbares établis sur le territoire romain à titre de Dedititii ne furent pas les premiers colons de Rome. L'agriculture et la guerre s'étaient partagé, dans le principe, l'activité de ses citoyens, qui, comme le dictateur Cincinnatus, quittaient la charrue pour prendre Tépée. Plus tard les conquêtes successives de la république en Italie et hors de l'Italie fournirent une multitude innombrable de prisonniers. Ceux de ces prisonniers qui n'étaient point égorgés ou réservés aux plaisirs de l'amphithéâtre étaient réduits en esclavage et employés à tous les travaux, notamment à la culture des terres. Cette population servile des campagnes, assimilée par Caton au bétail, à la vieille ferraille, aux autres instruments de l'exploitation rurale*, forma bientôt l'immense majorité ; mais, à côté d'elle, il y eut toujours des hommes libres qui cultivaient eux-mêmes leur petit domaine avec leurs enfants, ou s'engageaient par un contrat volontaire, se louaient à gage et travaillaient comme mercenaires sur les grandes propriétés ^, Varron les désigne sous le nom d'obœrati et nous dit que de son temps on en comptait un grand nombre en Asie, en Egypte, en lUy-
* Caton, De lie rustica.
2 Zumpt., p. 6, 7.