SON ORIGINE
rie ^ . Cette classe moyenne de cultivateurs, toujours préférée aux esclaves, se trouve mentionnée dans presque tous les auteurs latins. Nous avons un texte positif de Tacite. L'esclave germain, nous dit-il, est tenu de fournir à son maître, comme le colon, une certaine mesure de blé, du bétail, des vêtements *. Pline le Jeune, contemporain de Tacite, nous parle aussi de fermiers (mancipes) établis sur ses domaines de Côme dans la haute Italie, moyennant une redevance annuelle qu'ils devaient acquitter en argent ; le défaut de paiement de cette redevance entraînait la domesticité à perpétuité ^. Ces mancipes étaient déjà de véritables colons.
Enfin, à côté de Yager privatuSy propriété particulière, se trouvait Yager publions ou domaine de TEtat, formé des territoires annexés après la conquête. Une partie de ces territoires était vendue, et l'argent provenant de cette vente était versé dans les caisses publiques; une autre partie était distribuée par lots à des prolétaires avec obligation de les cultiver ^ ; c'est l'origine des fameuses lois agraires. Rome peuplait ainsi le monde de ses colonies, destinées à éloigner des citoyens turbulents et à assurer sa domination sur des pays où son influence n'avait pas encore suffisamment pénétré. Le jour où elle ne put plus rayonner au dehors, mais où elle se vit contrainte de recourir elle-même à des éléments étrangers pour combler
* Varron, De Re rustica^ 1..I, c. xvii. « Omnes agri coluntur hominibus servis aut liberis aut utrisque. Liberis aut cum ipsi colunt, ut plerique pauperculi cum sua progenie,aut mercenariis, cum conducticiis liberorum operis res majores, ut vindemias ac fœnisecia administrant ; iique quos obseratos nostri vocitarunt et etiamnunc sunt in Asia atque -^gypto et in lUyrico complures. »
* Tac, Demor, Germ., c. xxv. « Frumenti modum dominus aut pecoris, aut vestis, ut colono injungit et servus hactenus paret. »
» Pline le Jeune, Epistolœ, 1. HT, 19.
* Tite-Live, 1. XLI, c. vni.