SON DEVELOPPEMENT
les vides de sa population, les Barbares prirent la place des anciens colons libres, constituèrent une nouvelle pépinière du colonat et, comme il s'agissait de peuples vaincus, dont l'Etat cherchait à tirer le plus d'avantages possible, cette condition tendit à se rapprocher de la servitude, tandis qu'au contraire l'influence du progrès et des idées chrétiennes commençait à favoriser de plus en plus l'affranchissement des esclaves.
L'époque où s'opéra un tel changement est impossible à fixer, à déterminer d'une manière précise. Ce fut un travaillent et successif, l'œuvre du temps et des circonstances. La législation romaine est muette sur ce point. Dans les fragments des grands jurisconsultes qui nous ont été conservés, le colonat n'est mentionné nulle part. C'est à partir du iv* siècle seulement, de Constantin et de ses successeurs, que nous le trouvons inscrit dans les lois, où il tient désormais une grande place comme institution sociale et politique. De cette époque date son organisation définitive et légale ; on peut dire que toute la période précédente avait été la période de formation ; quand il eut grandi, pris de telles proportions qu'il couvrait, pour ainsi dire, la surface de l'Empire, et était devenu la condition d'une partie notable de la population, l'attention du législateur dut naturellement se porter sur la classe des colons, comme sur les autres classes de la société romaine, pour fixer leur situation réglée jusque-là par la coutume ou un simple contrat, pour déterminer les obligations auxquelles ils devaient être soumis, soit envers l'Etat, soit envers le sol sur lequel ils étaient établis, et les garanties qui leur seraient accordées en retour de ces obligations. Le Code Théodosien et le Code Justinien renferment un grand nombre de titres spécialement consacrés aux colons ; ces textes ont été recueillis, étudiés avec soin, et suffisent