‹ Essai sur la condition des barbares établis dans l'empire Romain auChapitre 52 sur 162 · SUR LES DOMAINES PRIVÉS · texte numérisé non relu

SUR LES DOMAINES PRIVÉS

comme les particuliers, recevaient des colons barbares qui leur étaient attribués au même titre et dans les mêmes conditions (mois adscripti). Ces colons étaient destinés à la culture des biens communaux et se trouvaient sous le patronage des communes qui avaient sur eux des droits analogues^ aux droits des maîtres sur les cultivateurs attachés à leurs domaines. L'État ne s'était décidé à accorder cette faveur aux communes qu'après la leur avoir disputée longtemps comme aux simples propriétaires ; les motils qui l'y décidèrent ne furent pas différents. Il fallait à tout prix remédier aux désastres des invasions et réparer les ruines des provinces. Nous en avons la preuve dans l'époque même où ces nouvelles dispositions pénètrent dans les lois ; elles sont contemporaines du rv* siècle, du règne de Constantin et se généralisent sous ses successeurs ^ En résumé, tous ces milliers de Barbares que Rome

themio... — Scyras... barharam nationem...imperiono8tro subegimus.Ideoque damus omnibus copiam ex prsedicta gente hominibus agros proprios frequeatandi, Ha ut omnes sciant, susceptos non alio jure quant colonatus apud se futuros, nullique licere ex hoc génère colonorum ab eo cui semel attribut! fuerint vel fraude aliquem abducere vel fugientem suscipere, pœna proposita, quse recipientes alienis censibus ascriptos vel non proprios colonos insequitur... Intra biennium suscipientibus . liceat, pro rei frumentariœ angustiis, in quibusiibet provinciis, transmarinis tantummodo, éos reti* nere et postea in sedis perpetuse fîindo locare, a partibus Thraciœ vel lUyrici habitatione eorum penitus prohibenda, et intra quinquennium duntaxat intra ejus provincise fines coram traductione, prout libuerit, concedenda... Ita ut per libellos sedem tuam adeuntibus bis qui voluerint, per transmarinas provincias eorum distribu tio fiât. » — Cf. Sozomène, Hist. ecclésiast.<t I. IX, c, V. AoÇav 5è toÏç âp^ouat diaveT(JLat toutouç (SxOpoyç) {jltq ti wX^ôoç 5vTe<, vecoTept<7(t><rt, toOç |iiv êic'ôXÎYoïç Ti{ii^|ia(ri àicéSovTO, Toiiç tï icoXXoiç Tcpoîxa SouXeueiv icapé$o<rav, êici tc^ |iTJTe KcovffravTivovicoXeaK» (ti^xe icdoiQC EOpcoinic ètrtêaCvetv, xal t^ {léoip OaXàao^ xtù^iX^tts^oLi tàv lyv(t><rtiivov aOroTc Towov. Ex TO'JTwv «fô icX^idoç àiTpaTov irepiXetçOèv, dfXXoç àXXax^ Ôtarpiêeiv iT^Oriaocv- TcoXXoOç 61 liti T9ic BtOvvtaç TeOeafiai itpàç tc^ xaXou|UV({> *OX0|iitù) opet aicopà8T)v olxoOvToç y.al toOç aOroOt Xo^ovc xal Oica>petaç yeupYOûvToc.... A Zos., I. II, c. XXII. AiaveiiiAç toutovc (SavpoiidTac) Tatç itoXeirtv (KcuvotavTÎvoç)...

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avait transplantés sur son territoire, après les avoir soumis par la force des armes et leur avoir imposé sa domination, perdaient nonnseûlement leur indépendance anté-' rieure, mais leurs mœurs, leurs usages, leur langue, tout ce qui pouvait leur rapp'elér les anciennes traditions de leur pays, pour adopter en échange les lois et la civilisation romaines (tcîs Twuacwv /Storeuovrsç v6[âolç) ^.

Si tous ne se montraient pas également disposés à accepter la nouvelle condition qui leur était faite, si parfois ils se prenaient à regretter leurs forêts et la vie à demi sauvage qu'ils y avaient menée, le but de la politique des empereurs étiait bien de se les assimiler et d'employer à cet effet les moyens que mettait à la disposition du vainqueur le droit universellement reconnu et adopté dans les sociétés antiques, le droit absolu sur le vaincu. La dureté de cette législation ne devait point surprendre les Barbares habitués à se voir traiter avec une égale rigueur par les peuples de même race et de même origine qu'eux dans ces luttes intestines qui bouleversaient sans cesse la Germanie et où le pouvoir passait à chaque instant d'une tribu à une autre. Les Barbares, ainsi incorporés à l'Empire, soit individuellement, soit comme nation, avaient toutes les charges qui pesaient sur les contribuables romains et ne conservaient comme les colons que la liberté personnelle ; mais ce qui les distinguait du reste de la population, ce qui empêchait qu'ils ne se confondissent avec elle, c'est qu'ils ne cessaientpoint d'être considérés comme des étrangers (pere-^, grini). Cette qualité d'étrangers (peregrini)^ comme celle de Latins {LatiniJuniani), se maintint alors même qu'il n*y avait plus dans l'Empire que des citoyens et des sujets-*

* Zo8», 1. I, C. LXXI.

2 Walter, Oeschickte des Rômischen RechtSé Zvoeiter TheU^ § 488; (Givitât, Latinitàt, Peregrinitàt.)

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