CHAPITRE III
LES FŒDÊrATI
Différence des Dedititii'ei des Fœderati. — Origine des Fœderati. — Les Bataves. — Les Francs Saliens. — Les Vandales. — Les Goths. — Rois barbares fcsderali. — Condition des Fœderati. — Leurs droits civils et politiques : 1° le connnbium, 2° le commercium. — Leur mode de cantonnement : V Vannona militariSj 2" le metatwn. — Le système des garnisons romaines appliqué par les Barbares dans leurs lois du partage des terres.
A côté des Dedititii il y avait d'autres Barbares admis de bonne heure au service de l'Empire dans des conditions meilleures et qui prenaient rang parmi les alliés du peuple romain (socii). Cette alliance réposait sur un traité non plus forcé, mais ^volontaire et librement consenti ; ils s'engageaient à fournir des troupes auxiliaires {auœilia), distinctes des légions, mais comprises dans les cadres des armées de la république et associées à toutes les guerres entreprises par Rome, destinées à combattre tous ses ennemis, quels qu'ils fussent. Les Barbares, ainsi enrôlés, jouissaient en retour de certains avantages, de certains privilèges attachés à la milice et analogues à ceux qui avaient été accordés aux premiers confédérés du Latium et de. l'Italie \
1 Walt., t. 1, § 86-92, 93-98, 224-232. - Bêck et Marq., II, 1, p. 89-100. — Du Gange, Gloss, med. et inf. latinit. « Fœderati (*oiôipaxoi) generatim dicti e barbaris populis qui Romanis merebaut. »
66 PREMIERS BARBARES FŒDËRATI
L'histoire de ces volontaires barbares, désignés sous le nom de fédérés (Fœderati), commence avec Jules César et la guerre des Gaules. Le futur dictateur avait déjà dans son armée un corps de cavalerie germaine qui l'aida puissamment à triompher de Vercingétorix. A partir de cette époque, les Germains ne cessent plus de figurer sur les champs de bataille à côté des Romains. On les trouve à Pharsale, à Philippes ^ ; ils forment la garde des empereurs, plus confiants dans le dévouement de ces étrangers à leur personne que dans celui de leurs propres sujets. Les qualités guerrières des Germains, leur courage à toute épreuve, leur haute stature et la force àe corps dont ils étaient doués, devaient attirer* l'attention des Romains et les désigner au choix qu'ils avaient coutume de faire des meilleurs soldats.
Les Bataves et les FrisoJis^ placés à l'extrémité septentrionale des Gaules, entre le Rhin et la mer, dans ce pays conquis sur les eaux, qui est devenu plus tard la Hollande, furent les premiers d'entre les Germains qui recherchèrent et obtinrent la faveur de servir sous les aigles romaines en qualité d'auxiliaires ^. Il fallait avoir donné des preuves d'une persévérante fidélité pour être ainsi admis dans la clientèle de Rome et participer aux bénéfices d'une alliance ofiensive et défensive avec le peuple-roi. Les Bataves, illustres par les témoignages que les plus grands historiens latins ont rendus à leur bravoure, par les pages que leur
* Opitz, p. 34 et suiv.
2 Plusieurs peuples de la Gaule avaient déjà reçu le titre de fœderati,ei étaient entrés dans Talliance romaine par une faveur qui les distinguait des simples provinciales et bs rapprochait du droit de cité. Pline dans soh Histoire naturelle cite les Lingones fœderati (H. N. IV, 17) et Tacite au livre 1" de ses Histoires nous dit qu'Otbon accorda à tous les Lingones le droit de cité romaine: Otho».. Lingonibus universis civitatem Rom. dédit. (Hist., 1. T, c. lxxviii.)