‹ Essai sur la condition des barbares établis dans l'empire Romain auChapitre 57 sur 162 · LEURS CANTONNEMENTS SUR LE RHIN C · texte numérisé non relu

LEURS CANTONNEMENTS SUR LE RHIN C

et OÙ nous les retrouvons à la fin du iv« siècle, soit en Occident, soit en Orient, dans la Nàtitia digniiatum, recueil officiel du temps de Théodose.

On leur avait confié la garde du Rhin et là défense de la frontière romaine contre les incursions des autres peuples germaniques, placés sur la rive opposée, en dehors de l'Empire. C'était un des secrets de Rome et de sa politique de se servir des Barbares contre les Barbares, politique non sans danger comme le prouva Tévènement, mais qui lui permettait, avec des forces relativement peu considérables, de protéger une ligne de frontières plus étendue que celles d'aucun de nos Etats modernes ^ Le pays des Bataves, comme toutes les provinces limitrophes du Rhin et du Danube, se couvrit de forteresses, de camps retranchés, où les çouveaux soldats de Rome étaient disciplinés à la romaine et où se faisaient des levées annuelles de troupes {delectus) *. Nimègue {Novioynagus), Ulrecht (Trafectum), Leyde (Lugdiinum Batavorum)y ' Wç\iQn {castra Albi7iiana), Y eux {Forum Hadriani), étaient les principales places de guerre où se concentrait l'influence dominatrice de Rome. Les Germains se sentaient attirés par cette grande puissance militaire qu'ils admiraient et les volontaires arrivaient en foule. Il est digne de remarque que, tout en laissant aux peuples amis et fédérés une liberté presque complète dans l'administration civile, l'Empire se réservait l'organisation militaire, la

^ Sism., t. I, c. I, p. 20. On a estimé que TEmpire romain avait six cents lieues du nord au midi, plus de mille du levant au couchant, et qu'il couvrait cent quatre-\'ingt mille lieues carrées de superficie,

2 Tac, Agr.y c. xxviii. * Gohors Usipiorum per Germanias couscripta, magnum ac memoiabile facinus ausa est. Occiso centurione ac militibus, qui ad tradendam disciplinam immixti manipulis exemplu7n et rectcn^es habebantur... )»

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plus importante k ses yeux, et avait soin de la régler de manière à ce qu'elle fut en tous points l'image de la sienne propre.

Cette forme d'alliance que les Romains conclurent avec les Bataves et qui se perpétua jusqu'à la chute deTEmpire était commune à d'autres peuples .de la Germanie. Les Mattiaques sont placés par Tacite sur la même ligne (est in eodem obsequio Matiiacorum gens); leur condition se trouvait identique à celle des Bataves ainsi que leur fidélité ; il n'y avait de différence que dans leur caractère, plus rebelle que celui de leurs voisins à la civilisation ^ A mesure qu'on avance dans l'histoire de l'époque impériale, on voit les empereurs renouveler à chaque instant des pactes semblables avec les Barbares et leur accorder des terrains, moyennant l'engagagement de suivre la fortune de Rome (Romanam felieitatem sequentesjyet par là il faut surtout entendre un concours militaire déterminé par les traités.

Dès le m' siècle de l'ère chrétienne, les Francs apparaissent, d'abord comme ennemis, puis conune alliés de l'Empire. On ne tarda pas à apprécier leur valeur égale à celle des Bataves et leurs qualités militaires non moins remarquables. Leur place se trouvait naturellement marquée parmi les nations que Rome cherchait à gagner pour s'en faire un rempart contre le flot des invasions. Les circonstances favorisèrent la politique romaine. Chassés de leurs demeures primitives par les Saxons, les Francs Saliens s'établirent d'abord dans l'île des Bataves dont la possession leur fut reconnue et qu'ils occupèrent à la condition de fournir des recrues à l'Empire et de proté-

i Tac, Germ.^ c. xxix. « Est in eodem obsequio et Mattiacorum gens... cetera similes Bâta vis, ni si quod ipso adhuc terrœ suse solo et cœlo acrius animantur. »

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