LES FRANCS SALIENS
ger la frontière du Rhin contre les envahissements des autres peuples barbares. Ils conservèrent leurs rois, leurs institutions nationales, leur indépendance vis-à-vis de Borne, qui se contenta de leur imposer* sa souveraineté comme aux Bataves. Ce fut sous le règne de GaUien, en 259, que les Francs conclurent une première alliance avec l'Empire et se mirent à sa solde ^ •
Les SalienSj dont le nom apparaît pour la première fois dans un texte d'Ammien Marcellin ^, formaient une des principales branches de la grande confédération des peuples de même race désignés sous le nom générique de Francs^. Cette désignation particulière qui les distinguait des autres tribus franques remontait à une assez haute antiquité (quos consiietudo Salios adpellavit) ; elle était empruntée, selon toute apparence, non pas à leur séjour sur les bords d'une rivière appelée la Saale, mais à la condition même de la terre patrimoniale, appartenant aux chefs de famille (sala^ saaly en tudesque, domus domini), et se transmettant de mâle en mâle, & l'exclusion des femmes. Cette disposition évidemment très-ancienne et caractéristique chez les Francs de la même tribu s'est conservée dans la loi salique, recueil écrit des anciennes coutumes, des traditions nationales. On y retrouve l'expression de terre salique dans le même sens, et c'est en vertu d'une analogie avec cette vieille loi que les femmes furent exclues de la succession à la couronne de France *.
* Lehuër., 1. I, ,c. ix.
2 Amm., 1. XVII, c. mil « Petit primos omnium Francos, eos videlicet quos coDSueîudo Salios adpellavit. »
3 Zos.,1, III, c. VI. Tô £aXi(i>v lOvoç, ^poiYxov àiuotJLOtpov...
^ Amm., 1. XVII, c. vin. Note de Valois. — Guérard, Polyptique d*Ii'ï'tinon, i^^ part., p. 496. — Pardessus, Loi salique^ lit. 62. — Montesf|uieu. Esprit des Lois, 1. XVIII, c. xxii.