‹ Essai sur la condition des barbares établis dans l'empire Romain auChapitre 6 sur 162 · PREMIÈRES GUERRES DE ROME · texte numérisé non relu

PREMIÈRES GUERRES DE ROME

en face des Germains ; elle voulut soumettre ces nouveaux voisins comme elle avait soumis les Gaulois. Ses meilleurs généraux, les Drusus, les Tibère, les Germanicus, pénétrèrent à la tête des légions dans des forêts et des marécages réputés inaccessibles, au-delà des confins du monde civilisé, se frayant devant eux une route avec la hache aussi bien qu'avec l'épée, cherchant à envahir ces régions inconnues et par terre et par mer; par le nord, du côté de l'Océan, en remontant le cours des fleuves, de l'Ems, du Weser et de l'Elbe ; par le midi, en franchissant lé Rhin et le Danube ^ La Germanie devint une école pour le légionnaire comme l'Algérie pour nos soldats. Ces luttes continuelles où Ton était aux prises avec les hommes et les éléments, la tactique inaugurée pour combattre des ennemis d'un nouveau. genre, formèrent d'excellentes troupes, entretinrent l'esprit militaire et donnèrent aux légions germaniques une supériorité dont elles se prévalurent pour disposer de l'Empire après l'extinction de la famille des Césars. Vitellius commandait l'armée de la Germanie inférieure, lorsqu'il fut proclamé empereur à Cologne ^. Toutefois, la marche victorieuse des Romains ne tarda pas à s'arrêter ; la défaite et le massacre de Varus leur prouvèrent, malgré leurs premiers succès, qu'ils ne devaient s'aventurer qu'avec une extrême prudence dans un pays tel que la Germanie et qu'il fallait se méfier de la soumission apparente des habitants. Les victoires de Trajan sur les Daces, la réduction en province romaine d'une partie du territoire qu'ils occupaient au-delà du Danube ^, ferment l'ère des conquêtes. Dès le ii* siècle de l'ère chrétienne, les rôles sont changés ; Rome abandonne Toâ'ensive pour

i Tacite, Ann., 1. I, c. ii, i)assini.

« Tac, Hist., l. I, c. ix, lvii.

3 La Valachie actuelle.

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