LES VANDALES
les alliés perpétuels de Rome et furent spécialement chargés de la défense du Rhin depuis Mayence jusqu'à la mer^ Plusieurs corps auxiliaires de Saliens (senior es etjunio-res) et de peuples appartenant à la confédération des Francs, tels que les Bructères ^ les Ampsivariens, figurent dans la Notitia Dignitatiim ^.
Le nombre des Barbares ainsi enrôlés sous les drapeaux de l'Empire augmente à mesure que de nouveaux peuples font leur apparition et se trouvent en présence des Romains. Au commencement du iv* siècle, les Vandales, fixés dans la partie de la Dacie de Trajan qui correspond à la Hongrie, après une lutte désastreuse contre les Goths, franchirent le Danube et obtinrent de l'empereur Constantin un établissement dans la Pannonie où ils résidèrent plus d'un demi-siècle, à côté de la population romaine, en corps de nation, soumis à la surveillance des gouverneurs de la province j mais libres de s'administrer eux-mêmes et d'obéir à des chefs de leur nationalité ^. En retour de ces avantages et des privilèges qu'ils partageaient avec les autres fédérés^ ils devaient aider les Romains à protéger la frontière du Danube et fournir leur part du contingent que Rome tirait des différents peuples barbares admis sur
^ Dareste, Hist., de France, 1. 1, 1. HI, § 13. — Lehuër., 1. I, c. ix. — Zo8.,l. III, c. VI- VIII (Pour la différence des Saliens et des Ripuaires, voir notes et éclaircissements, n' 4.)
« Bôcking, Notitia Dignitatum, 3 vol. in-8. Bonn, 1739-1853. — Zos., 1.III, c. viii. TayTa oûto) 8ia6el; 6 Kaïcrap, SaXîov; Te xal Kouàôwv jJLOtpav, xal Tûv èv T^ BaTttouiqt vinfftj) Tivàç TaYfiaoïv èY^taréXeÇev, a xal vûv sç V){j.ïv hi Soxet Trepicrcd^etrOat.
3 Jorn., De reb, Get.,c. vu. « Wandali... infortunatam patriara relin- (pientes, Pannoniam sibi a Constantino principe petiere, ibique per quadraginta annos plus minus sedibus locatis, imperatorum decretis ut incolœ lamularunt. » — Opitz, p. 31. — Dex. De beUis Scythicis, p. 20. Al <yirovSal èYévovTO* <Tv>vey.àxouv 5e ànb x'^çÔe ^Ptopiaioiç BavÔTQXtûv tirrreiç eic 6i<T- Xi^iou; ol piév tivcÇ alpsTol êx xoO tcXyjOovc h ttiv (TujJLiiaxiav xaTaXsxOévTEç, ot 5è xaî è6s).ovTeç éxo'.aiov (jTpaTiàv ijiro8v6(jL£voi.
74 LES GOTHS FŒDERATI
son territoire. Les Vandales occupèrent paisiblement le pays qui leur avait été concédé et l'histoire, malgré l'illustration de plusieurs de leurs compatriotes, élevés aux premières dignités de l'Empire, ne les mentionne plus jusqu'à répoque de la grande invasion, où ils devaient jouer un rôle important. Il ne faut pas oublier du reste que la plupart des peuples de la Germanie avec lesquels Rome lutta si longtemps se composaient de diverses tribus portant le même nom et dont les destinées ïurent souvent bien différentes; les unes devenaient sujettes ou alliées delà puissance romaine, tandis que les autres demeuraient ses ennemies. C'est ce qui explique un grand nombre d'erreurs commises par les historiens, soit anciens, soit modernes, dont les récits ne peuvent en apparence se concilier et semblent même se contredire.
Les Goths, qui se trouvaient en contact perpétuel avec l'Empire, depuis leur établissement sur les bords du Danube, ne tardèrent pas eux aussi à entrer dans l'alliance romaine. Sans prendre à la lettre les paroles de leur historien Jornandès, dont le témoignage peut à bon droit être suspecté comme partial en ce qui les concerne, il est hors de doute que, dès le début du règne de Constantin, ils furent appelés à grossir les forces militaires de Rome dans une proportion notable et qui augmenta encore sous ses successeurs *. Leur alliance fut recherchée comme l'avait été celle des Francs et d'autres Barbares occidentaux; on dut, pour les attirer, leur faire les mêmes avantages.
Constantin, ainsi qu'on l'a remarqué, aimait les Barbares
* Jorn., De reb. Get.^ c. vu. « Sine ipsis (Gothis) dudum contra ^asvis gentes Romanus exercitus difdcîle decertatus est. .. Apparet namque fréquenter quomodo invitabantur, sicut et sub Gonstautino rogati sunt, et contra cognatum ejus Licinium arma tulere, eumque devictum et in Thessalonica clausum Gonstantini victoris gladio trucidarunt. >