AU IV' SIÈCLE
auxquels il ressemblait par certains côtés de son génie et de son caractère ; il s'appuya sur eux dans ses luttes contre ses compétiteurs au trône. Ne lui a-1>-on pas reproché d'avoir été le premier à revêtir un Barbare de la pourpre consulaire? Il accepta d'autant plus volontiers le concours régulier et permanent des Goths, qu*il s'était vu obligé de rappeler à l'intérieur une partie des légions cantonnées sur les frontières. Il fallait absolument recourir aux étrangers pour suppléer au défaut de troupes romaines et assurer ainsi la défense des provinces limitrophes sans cesse exposées aux attaques des Barbares. Les Goths s'étaient rendus redoutables par leurs incursions dans la Thrace, la Dacié et la Mésie ; vaincus plusieurs fois par les empereurs qui les avaient combattus en personne, ils n'avaient pas cessé de menacer la frontière romaine. Constantin traita avec eux : ce traité lui valut un renfort de quarante mille soldats dont il avait le plus grand besoin et qui pouvaient lui rendre d'éminénts services. A partir de cette époque, les Goths, nous dit Jornandès, prirent et gardèrent le nom de fédérés ^
Ce furent ces mêmes Goths Fœderati qui, appelés par l'usurpateur Procope, lui prêtèrent le secours, de leurs armes dans sa révolte contre l'empereur Valons. Le texte d'Ammien Marcellin ne laisse aucun doute sur ce point : gens arnica Romanis fœderihusque ingenuœ pacis obstricia. Ils s'étaient engagés à fournir un. contingent de troupes auxiliaires, et ce contingent était précisément celui qui fut envoyé à Procope, sur sa demande, comme au
^ Jorn., De reb. Get., c. vu. « Dum famosissimam et Romse semulam in SQo Domine conderet civitatem, Gothorum interfuit operatio. Qui fœdere inito cum imperatore, quadraginta suorum millia illi in solatia contra génies varias obtulere. Quorum et numerus, et millia usque ad prsesens in republica nominantur, id est fœderati, »