ET L'EMPEREUR VALENS
qai avaient à leur tête Âthanaric, se réfugièrent dans les défilés des Carpathes, d'où ils chassèrent les Sarmates lazyges ^ le gros de la nation jeta les jeux du côté du Danube» sur la rive méridionale, où les vastes et fertiles plaines de la Thrace leur promettaient une existence facile et un abri d'autant plus sûr qu'ils seraient alors, séparés des Huns par le large lit du fleuve très-rapide et très-profond dans cette partie de son cours ^. Ils arrivèrent donc sur les bords du Danube, sous la conduite d'Âlavivùs et de Fritigern ^. Pour le franchir et passer la frontière romaine, sans déclaration de guerre, il fallait l'autorisation de l'empereur. Une ambassade fut envoyée à Valens pour demander humblement qu'on voulût bien les admettre ; ils promettaient de vivre en paix et de fournir au besoin des troupes auxiliaires, ce qui revient à dire que leur conditioû devait être celle des fédères *.
Il faut lire dans Àmmien le récit vraiment dramatique de cet événement. L'empereur et sa cour éprouvèrent un sentiment de joie plutôt que de crainte. N'était-ce point un bonheur inespéré de voir arriver de ces contrées loin-
1 Amm., 1. XXX^ c. iii. « A'imnaricus Thervingorum judex staregradu fixo tentabat, surrecturus m vires... Verum longe aliter, quam rebatur, evenit... Huiini Athanaricum ipsum' ictu petivere veloci. Eiimque stupentem... amissis quibusdam suorum, coegerunt ad effugia properare montium prseruptorum. )» — Opitz, p. 32.
* Ihid, « Fama serpente per Gotliorum reliquas gentes... popul' pars major quse Athanaricum, attenuata necessariorum penuria deser lerat, quperitabat domicilium remotum ab omni notitia barbarorum, diuque deliberans, quas eligeret sedes, cogîtavit Thracise recepfaculum g( mina ratione sibi convenientius, quod et caespitis est feracissimi, et ampli udine ^uentorum Histri distingnitur a barbaris, patentibus Jam peregrini fulminibus Martis : hoc quoque idem residui velut mente cogîtaveruntcor jmuni. »
5 Ibid., 1. XXXI, c. IV. « Primus cum Alavivo suscipitup Fritig crnus. >
-4 Zumpt, p. 32. — Amm., 1. XXXI, c. iv. « Duce Alavivo ripas i ccupavere Danubii, missisque oratoribus ad Valentem suscipi se humili prece poscebant, et quiète victuros se pollicentes, et daturos, si res flagitasset auxilia. »