NOUVELLES PRÉTENTIONS DES BARBARES
sentaient les plus forts, consentaient bien à demeurer les auxiliaires de l'Empire, en attendant qu'ils en devinssent les maîtres, mais ils n'entendaient pas qu'on marchandât leurs services. Les provinces, livrées sans défense, du moment où ceux qui étaient chargés de les protéger se tournaient contre elles, subirent les conséquences du refus d'Honorius et du mécontentement des Barbares. Les Goths, sous la conduite d'Alaric, leur nouveau chef, traversèrent les deux Pannonies, rillyrie, pénétrèrent en Italie et arrivèrent jusqtfà trois milles de Ravenne où s'était enfermée la cour ^ Les Goths, plus exigeants cette fois, posaient un ultimatum au gouvernement romain : ils demandaient un établissement en Italie qui leur permît de vivre avec les habitants sur un pied d'égalité parfaite, c'est-à-dire de jouir des mêmes droits civils et politiques et de n'être plus considérés comme des étrangers ; ils menaçaient', dans le cas où leur demande ce serait pas accueillie, de s'en remettre au sort des armes ^. Honorius ne parvint à conjurer le péril qu'en faisant avec eux un traité dont les conditions méritent d'être examinées avec soin, parce qu'elles montrent le changement qui s'était opéré dans la
thorum, rébus ezcessit humanis ; cœperunt ejus fîlii utraxnque rempublicam luxuriose viventes adDihilare, auxitiariisque suis, id est Gothis, consneta dona subtrahere. *
^ Jorn., De reb. Get., c. ix. « Mox Alaricus, creatus rex, cum suis deliberans suasit suo labore quserere régna, quam alienis per otium subjacere : et sumpto exercitu, per Pannoiiias... et per Sirmium dextrolatere quasi tîris vacuam intravit Italiam. NuUo penitus obsisteute ad pontem applicuit Gondiniani, qui tertio milliario ab urbe erat regia Ravennate. >
^ Ibid. « Quum applicuisset exercitus et ad Honorium imperatorem legationem misisset, quatenus si permitteret ut Gothi pacati in Italia résidèrent, sic eos cum Romanorum populo vivere, ut una gens utraqoe credi possit : sin autem aliter, bellando quis quem valeret expelleret ; etiam securus qui victor existeret, imperaret. »