LEUR CARACTÈRE BELLIQUEUX
tence des Earbares se passait dans des expéditions plus ou moins lointaines où chaque chef entraînait les compagnons attachés à son nom et à sa fortune. Vainqueurs, ils étaient salués à leur retour par les acclamations de leurs femmes, qui se faisaient un honneur de compter leurs blessures et de lès exhorter elles-mêmes au courage. Vaincus , ils revenaient couverts d'une ignominie que rien ne pouvait effacer, et la honte d'avoir survécu à une défaite était le plus terrible châtiment infligé à leur lâcheté. En temps de paix, ilsne déposaient point leurs armes, mais les gardaient pour délibérer sur les intérêts de la communauté ou s'en servaient pour se livrer au plaisir de la chasse qu'ils aimaient passionnément , parce qu'ils y retrouvaient une image de la guerre et le souvenir de leurs exploits. Les occupations domestiques n'avaient aucun attrait pour eux ; ils les regardaient comme indignes d'un guerrier et en abandonnaient le soin aux femmes , aux vieillards , aux esclaves ^
On conçoit qu'avec de telles mœurs publiques et privées les Germains soient devenus de redoutables et perpétuels ennemis pour l'Empire , dès qu'ils furent en contact avec la domination romaine. Plutôt que de prolonger un repos qui leur était à charge , ils s'engageaient au service des nations étrangères les plus belliqueuses , avec lesquelles ils étaient assurés de satisfaire ce besoin de mouvement et d'aventures ^. L'amour de la gloire n'était pas le seul mobile de ces expéditions renouvelées au moyen âge par les seigneurs accompagnés de leurs vassaux. Ils faisaient la guerre pour piller, pour s'enrichir des dépouilles de leurs ennemis vaincus, qu'ils rapportaient et se partageaient
* Tac, De Mor, Germ , c. vu et xiv, passim
* Ibid., c. XIV, XV.