LEUR ASSIMILATION
aussi du service militaire leur caractère distinctif ^. Les colonies des Lœti^ destinées comme celles des vétérans à assurer la défense des frontières contre les incursions des ennemis du dehors, étaient de véritables colonies militaires aveccette différence que,aulieu d'être composées decitoyens romains, d'anciens soldats appartenant aux légions, elles étaient formées de Barbares ou d'étrangers appelés à remplacer les provinciales dont le nombre ne suffisait plus pour remplir les cadres des armées. Le Code Théodosien ne renferme que trois ou quatre textes relatifs aux Lœti^ mais les constitutions impériales sur les vétérans sont beaucoup plus nombreuses, beaucoup plus explicites, et le rapport certain qui existait entre les uns et les autres autorise à appliquer aux premiers, du moins dans une certaine mesure, ce que nous savons des derniers.
Les vétérans, établis sur les bords du Rhin et du Danube, recevaient des concessions de terres, généralement abandonnées et incultes, qu'on appelait terrœ Hmitaneœ,kcaxLse de leur position voisine de la frontière. C'était, nous dit Godefpoi ^, un ancien usage che^ les Romains et qui remontait aux derniers temps de la République. Ces terres étaient des territoires ou annexés, c'est-à-dire pris sur l'ennemi, ou occupés par les soldats et dont ils revendiquaient la possession, ou enfin des champs libres et sans propriétaire , désignés sous le nom de terres vacantes , terrœ vacantes^ et dont le fisc pouvait disposer. Elles leur étaient accordées pour les mettre en culture ; ils en avaient la jouissance et pouvaient la transmettre à leurs enfants, mais seulement à leurs âls et non à leurs filles, à cause
* Du Gange, Gloss, med, et inf. latiniU Lœti. « ... Ita ut delectibus et ssrvitio militari obnoxii essent. »
2 Godef., Cod, Théod., VIT, De veteranis.