COLONIES MILITAIRES
de Probus, lorsque les invasions devinrent chroniques et que les barrières naturelles ne suffirent plus à protéger les provinces limitrophes. Lampridius, \^ biographe d'Alexandre Sévère, nous donne quelques détails intéressants sur la fondation de ces colonies, sur leur caractère essentiel et le but que se proposaient les empereurs en les établis* sant ^ A cette époque, il y avait encore un territoire romain au-delà du Rhin, territoire plus ou moins étendu suivant la marche et les progrès des légions. C'était ce territoire conquis sur l'ennemi qui devenait la propriété des généraux et des soldats, mais à la condition de le défendre : aussi était-il inaliénable. On pensait que le meilleur moyen d'intéresser les soldats à la défense du territoire était de les en rendre propriétaires. On leur fournissait en outre du bétail et des esclaves pour la culture, de peur que le manque de bras ou le grand âge des colons ne fît abandonner ces champs voisins du pays des Barbares, ce qui eût été un malheur et une honte pour l'Empire. Plus tard, au IV* siècle, les colonies de vétérans ne furent plus établies sur les territoires conquis, mais dans les provinces elles-mêmes ; la frontière avait reculé jusqu'au Rhin ; le Rhin lui-même était souvent franchi par les hordes barbares qui portaient le fer et le feu jusqu'au cœur de la Gaule. Il fallut multiplier les colonies militaires ; on créa, on développa l'institution des Lœti destinée à compléter et à renforcer celle des vétérans. Gomment pourrait-on dou-
^ Lampridius, Vit. Alex, Sev., c. lviii. « Sola quœ de hostibus capta sunt limitaneis ducibus et militibus donavit,. ita ut eorum ita essent, si heredes illorum militarent, nec unquam ad privâtes pertinerent dicens attentius hos militaturos, si etiam sua rura defenderent. Addidit sane his et animalia et serves, ut possent colère quod acceperant, ne' per inopiam hominum, vel senectutem possidentium desererentur rura vicina barbarise ; quod turpissimum ille ducebat. » — Cf. Sybel, p. 43-44.