LES L^TI DE L'EMPIRE
exceptions et contribua à rendre de telles unions peu fréquentes ^; mais la pénétration des deux éléments, constante au lY"" siècle, dut nécessairement aboutir k des mariages mixtes, ainsi que nous l'avons déjà remarqué à propos des Fœderati.
Les Lœtiy malgré tous les liens qui les rattachaient à l'Empire et qui en firent de précieux défenseurs pour les frontières de la Gaule, ne cessaient pas de demeurer barbares par leurs habitudes comme par leurs tendances naturelles ; l'amour du pillage et du brigandage qu'on retrouve chez tous les peuples à demi civilisés se réveillait en eux à la moindre occasion. Habiles à saisir le moment favorable avec cette astuce qui a toujours caractérisé leur race, ils profitèrent, l'an 357,- des déprédations des AUamans, que Barbation cherchait à enfermer dans les défilés du pays des Rauraques, non loin de Bâle, pour se glisser furtivement entre les deux armées et fondre sur Lyon. Cette grande et populeuse cité, nous dit Ammien *, qui ne s'attendait point à une pareille attaque, eût été infailliblement la proie des fianimes, si Ton ne se fût empressé d'en fermer les portes. Chassés de la ville, ils se répandirent dans les environs, qu'ils dévastèrent. Les déserteurs, les maraudeurs, les infracteurs à la discipline militaire ne manquaient pas parmi les Lœti, nous en avons là preuve dans les textes de lois du Code Théodosien, portées contre eux, afin de réprimer ou de prévenir de tels abus ^. C'est
1 Bock., De Lœtis, p. 1066.
^ Amm., I. XV J, c. xi. « Barbatio... Rauracos venit... ni ssevientes ultra solitum Alamanni... in angustias caederentur. Dum hsec celerantnr Lœti barbari ad tempestiva furta sollertes intér utriusqueexercitus castra occulte transgressi invasere Lugdunum incautam eamque populatam nisu valido concpemassent, ni clausis aditibus repercussi, quidquid extra oppidum potuit inveniri, vastassent... »
8 Cod, Théod,, VII, tit. 20, loi 12. — Ibid., Xlll, tit. il, loi 9.