ÉLIXIRS DK LONGUE VIE
Voilà pourquoi nous recommanderons aux médecins d'a« voir recours à Tor dans le traitement d^un grand nombre de prédispositions. Mais on s'exposerait à des perturbations* si on voulait faire usage, àTintérieur, des chlorures d'or^ préparations corrosiyeSy qui, à notre avis, devraient être réservées pour remplacer avantageusement le nitrate d'ai^ent dans certaines applications externes. D'un autre côté, la poudre d'or et les oxydes de ce métal sont des médicaments souvent infidèles, qu'il faut administrer, par cela même en trop fortes doses, et qui peuvent devenir toxiques.
C'est donc aux sels ou combinaisons de l'or avec les élé*ments homogènes à l'organisme humain, qu'il faut avoir recours. Déjà les médecins se sont souvent servis avec utilité du cyanure d'or chez des sujets nerveux et irritables ; nous avons parlé de l'iodure aurique pour les affections compliquées d'un vice scrofuleux ; nous pensons aussi que la médecine curative, comme la médecine préventive, pourraient employer avec avantage certaines combinaisons d'or et de phosphore (métaphosphate, pyrophosphate), mais à notre avis, la préparation qui est susceptible de rendre les plus grands services dans le traitement de beaucoup de prédispositions maladives, sera I'èlixir db Cagliostro , l'or potablb
DBS ALGHIMISTBS (1).
Un savant illustre (M. Dumas) a dit, quelque part, que l'or potable des alchimistes n'était autre chose qu'une dissolution de chlorure aurique dans de l'éther. Avec toute la déférence due à un grand maître, nous pensons qu'il y a là une erreur de fait. Mais l'important est de savoir si l'or potable est possible, et s'il est utile.
Pour s'assurer du premier point, il faut fouiller profondément dans les manuscrits et bouquins des alchimistes; on y trouvera diverses formules, toutes très-compliquées parce que
(1) On trouvera la formule à l'appendice; elle a été composée après avoir longtemps feuilleté les mêmes bouquins et manuscrits qui avaient été compulsés par Joseph Balsamo, à Païenne et au couvent de Saint-Martin.
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ridée des alchimistes était de réunir en une seule substance les divers principes de vie répandus dans les trois règnes de la nature. I.<es progrès apportés par la chimie moderne dans l'art des manipulations permettent de simplifier cet éiixir, qu'au lieu de qualifier d'essence de vie, on appellera, si Ton veut plus modestement élixir stomachico-nerviny et s'il répond à cette indication, ce sera une assez utile acquisition pour la thérapeutique.
Pour s'en assurer, il n'y a que l'expérience : celles qae nous avons faites, depuis plusieurs années, ont formé notre conviction. Nous appelons de tous nos vœux des recherches plus savantes, notre concours ne leur fera pas défaut, quand il sera réclamé. Mais avant Texpérience, le raisonnement doit être invoqué dans ces questions délicates : l'empirisme qui essaie, sur des malades, tel ou tel médicament nouveau sans se rendre compte de sa nature et seulement parce que l'on dit qu'il a réussi chez tel ou tel, doit être à bon droit flétri.
Comment, dans le cas qui nous occupe, pourrait-on, d'avance, présumer par induction et analogie les effets thérapeutiques d'un élixir composé de plusieurs substances ?
Si la base est une dissolution aurique reconnue pour avoir seule sur l'organisme des effets stomachiques etnervins ; si, à cette dissolution, sont ajoutées d'autres substances médicamenteuses, les unes stomachiques, les autres régularisant les mouvements nerveux ; si enfin la préparation ainsi obtenue est homogène et d'une saveur et d'une odeur agréable ; toutes les probabilités seront réunies pour faire supposer que cet élixir devra agir comme stomachique nervin ; c est-à-dire aider les forces vitales dans leur travail de digestion et d'assimilation.
Nous n'irons pas plus loin dans ces détaUs d'élixirs et de spécifiques, qui finiraient par donner à cet ouvrage une tei&tè de charlatanisme : revenons aux généralités.
Nous pensons avoir suffisamment démontré la possibilité de traiter et de guérir les prédispositions maladives. Chaque