TRAIT. ET RÉGIME DBS PRÉDISPOSITIONS MALADIVES
cas individuel, nous le reconnaissons, présentera une difficulté nouvelle, à cause de ces variétés dans les organisations pour lesquelles les médecins ont créé un mot, les idiosyncrctëies; à cause aussi des complications que Ton rencontrera dans le traitement des prédispositions, comme dans celui des maladies déclarées. Mais on peut poser quelques règles générales qui aideront les applications pratiques.
V. — Les'prédispositions maladives sont caractérisées par le trouble plus ou moins passager d'une ou de plusieurs fonclions, tantôt sous Tempire d'une cause légère, quelquefois même sans cause occasionnelle apparente.
Pour les combattre, il faut donc s'attacher à fortifier les organes faibles et à régulariser les fonctions troublées, sans cependant porter d'irritation sur les autres organes et sans trop surexciter les fonctions demeurées régulières.
Ce but peut être atteint par des traitements continués avec une grande persévérance.
Ces traitements devront être combinés de manière à procurer, suivant le mot profond de Barthez, « des alternatives assidues d'excitation et de relâchement. x>
On obtiendra ce résultat, en employant les corroborants et les nervins, plutôt que les excitants, en les alternant, quelquefois même en les assodant avec les sédatifs, les antispasmodiques et les narcotiques. C'est ainsi que très-souvent, certains vomissements sont arrêtés facilement par l'association de Topium et de l'ipécacuanha^ tandis que la potion de Rivière les aggrave. Un très-habile médecin de l'école de Paris conseille d'aider les digestions pénibles, en faisant prendre, après chaque repas, une potion où le tilleul et la fleur d'orauger, médicaments plutôt nervins qu'antispasmodiques, sont associés à la morphine (!)•
Si la prédisposition que l'on est appelé à traiter, indique une
(I) Valleix, Guide du médecin praticien ^ t. II, p. 639. Paris, 1850.
tendance de Forganisme oij^ de la vie vers une maladie essentielle, il faudra considérer celte maladie comme existant à Fétat latent ou d'incubation, et la combattre par les spécifiques que Ton appliquerait à la maladie déclarée. Seulement il conviendra d'employer les doses les plus minimes et de persévérer dans le traitement.
Quelquefois, il arrivera, surtout dans les prédispositions goutteuses, que le traitement amènera une attaque de la maladie ; mais elle sera courte et légère et disparaîtra en continuant la même médication. Le plus souvent, on ne s'apercevra des bons effets du traitement que par un redoublement d'énergie des fonctions.
Les prédispositions aux affections catarrhales peuvent aussi être combattues par des moyens analogues à ceux que l'on emploie contre les maladies des bronches, mais en y associant un régime analeptique et, de temps en temps, l'or et le fer.
Enfin les prédispositions sont difiérentes aux divers âges de la vie ; et les plus importantes, comme les plus difficiles à traiter, sont celles de Fenfance. Écoutez encore un auteur moderne que nous venons de citer un peu plus haut : voici comment il s'exprime à propos d'une maladie de la gorge assez commune dans le premier âge... ail y a, en outre, une j9r^ a disposition particulière ei inexplicable qui se révèle à nous « par des faits évidents. On voit, en effet, un certain nombre « d'enfants qui ont une tendance marquée à contracter la a pharyngite tonsillaire. Us en sont affectés une, deux et trois n fois par an. Assez souvent cette tendance se conserve pen- « daut un assez grand nombre d années ; mais elle finit gé- « néralement par disparaître à un âge peu avancé (1). »
Tous les médecins sont d*accord pour reconnaître Fexis^ tence et la spécialité^ si Fou peut s'exprimer ainsi, de ces prédispositions ; mais les opinions sont diverses quand il s'agit
(1) Valleix, Guide du médecin praticien^ t. U, p. 886.