LA VIEILLESSE CONSIDÉRÉE COMME MALADIE
tout de celle du soleil sur les vieillards; mais qu'est-ce que l'insolation? Ici, la science nous répond : un dégagement de force électro-chimique , analogue , si ce n'est identique^ au dégagement d'électricité que l'homme retire de certains appareils. Dans ce cas, par conséquent, la force interposée entre les molécules du rayon lumineux est venue s^assimiler aux forces du même ordre qui étaient en décadence chez le vieillard et ont rétabli ses fonctions.
Cooper, dans un de ses romans, nous montre un vieux chasseur endurci par une vie de fatigues et qui, suivant la pittoresque description du Walter Scott américain, est devenu tout muscles et tout nerfs : il a perdu la souplesse des mouvements, il n^est plus aussi vite à la course; mais il a conservé son poignet et ses jarrets d'acier, sa balle est toujours aussi précise. C'est qu'en effet l'habitude de Texercice et la vie au grand air sont des conditions excellentes du maintien des fonctions à un âge avancé. Un air pur, respiré continuellement à pleins poumons, entretient à la fois et la bonne composition du sang et la circulation du liquide réparateur; les longues marches excitent la sécrétion cutanée et, par cela même, arrêtent les progrès de ces incrustations si funestes pour les vieillards. Mais sans aller chercher des exemples dans les romans, tous ceux qui ont séjourné dans les montagnes, ont pu voir des octogénaires, quelquefois même des centenaires, qui résistent encore aux dures exigences de la vie alpestre : si vous les interrogez, ils vous répondront, dans les Pyrénées, comme* dans les Apennins, comme dans les hautes vallées de FOberland. — « Eh! mon bon Monsieur, dans la « montagne, je vais encore ; mais je ne peux plus descendre a dans la plaine.»
Le secret de ces vertes vieillesses, c'est le précepte hygiénique personnifié et mis en action par Gooper dans son vieux chasseur ; entretenir les forces par des stimulants généraux, les sécrétions par des exercices constants.
Mais tout le monde ne peut pas passer sa vie entière dans
les forêts ; peut-être même, si Ton cherchait bien, la \ie sauvage se trouverait-elle, en moyenne, plus courte que la vie civilisée; ce livre d'ailleurs n'est pas écrit pour des Peaux- Rouges, la question qui nous reste à examiner, c'est l'application possible à nos contemporains, des préceptes que nous venons d'établir.
Ici nous nous plaçons sur un terrain un peu trop négligé par la science moderne ; mais où nous ne rencontrerons aucune impossibilité théorique. Par conséquent, la solution du problème n'est plus qu'une question de réflexions et d'expériences.
En effet, l'art médical possède de nombreux moyens de relever les forces ; on peut aussi augmenter ou même rétablir les sécrétions; la seule difficulté est d'employer les agents thérapeutiques de manière à ne pas troubler les fonctions que Ton veut faciliter, et à soutenir les forces sans porter une irritation fâcheuse sur aucun organe en particulier. Il faudra donc exiger des médecins qui entreront dans cette voie beaucoup d'habileté et de prudence, mais n'est-ce pas une condition nécessaire de l'exercice de leur art?
Les alchimistes avaient cru pouvoir résoudre le problème d'une manière générale : il leur semblait possible de composer un élixir qui agirait, en même temps, sur les forces, sur les fonctions, sur les sécrétions, et qui s'appliquerait à toutes les organisations, à tous les cas individuels. Là a été leur erreur: il est bien évident, pour tous ceux qui ont étudié la science de la vie, qu'il n'existe pas^ qu'il ne peut pas exister de panacée universelle ; mais ils étaient entrés dans une voie utile, en cherchant à associer des substances dont l'action combinée pût faciliter simultanément plusieurs fonctions essentielles. L'or, qui faisait la base de ces préparations, est le stomachique nervin par excellence ; combiné avec des doses raisonnables d'aloès, ou d'autres substances analogues, son action sur les organes engourdis d'un vieillard ne pouvait être que salutaire, et quelques diaphorétiques bien